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VIH/Sida : 52 000 Gabonais vivent avec le virus

2026-02-19 - 13:54

Réunis à Libreville pour valider les données nationales 2025, les acteurs de la riposte au VIH mettent en lumière une réalité contrastée : la prévalence a fortement reculé en quinze ans, mais des milliers de personnes échappent encore au dépistage et à la prise en charge complète. Si l’on dénombre 52 000 personnes vivant avec le VIH en 2024, le nombre de patients sous traitement antirétroviral est estimé à 33 416, selon l’Onusida. Au Gabon, 52 000 personnes vivent avec le VIH, mais 33 416 patients sont sous traitement antirétroviral. © D.R. Le siège du Programme national de lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH/Sida (PNLIST/VIH/Sida), au centre-ville de Libreville, accueille depuis le 18 février 2026 un atelier consacré à la validation des données 2025 relatives aux IST et au VIH. Une étape technique, mais déterminante pour orienter les politiques sanitaires et mobiliser les financements. En ouverture, le secrétaire général du ministère de la Santé, Alain Charles Rotimbo, a rappelé un chiffre qui résume à lui seul l’ampleur du défi : selon les estimations de l’Onusida, 52 000 personnes vivent avec le VIH au Gabon. La prévalence est aujourd’hui évaluée à 3,6 %, contre 8 % en 2009, traduisant un recul significatif de l’épidémie. Dans cette population, 77 % connaissent leur statut sérologique. La prise en charge progresse, mais demeure incomplète : 33 416 patients sont sous traitement antirétroviral, soit une couverture de 64 %. La surveillance biologique reste limitée, avec seulement 7 043 tests de charge virale réalisés ; parmi eux, 74 % présentent une charge virale contrôlée. La prévention de la transmission mère-enfant constitue l’un des points positifs. À fin 2024, 95 % des femmes enceintes ont été dépistées. Toutefois, la chaîne de soins présente encore des failles : la transmission mère-enfant demeure à 11 % et la couverture en ARV chez les femmes enceintes et allaitantes atteint 72 %. Les hommes fuient le dépistage Les écarts apparaissent plus marqués chez certaines catégories. Les hommes recourent moins au dépistage, tandis que la situation des enfants reste préoccupante : seuls 26 % des moins de 15 ans connaissent leur statut et 21 % sont sous traitement. Par ailleurs, le maintien sous ARV à 12 mois plafonne à 69 %, signe de difficultés d’adhésion thérapeutique. Pour la directrice du PNLIST/VIH/Sida, le Dr Raïssa Inès Okouyi Ndong Assapi, l’atelier vise avant tout à améliorer l’exploitation des données. Il s’agit d’«analyser les écarts, renforcer l’appropriation par les acteurs de terrain et améliorer la qualité des informations», celles-ci conditionnant les décisions sanitaires, le plaidoyer et l’accès aux financements internationaux, notamment du Fonds mondial. Au terme des travaux, l’objectif reste d’accélérer la progression vers la cible internationale « 95-95-95 » à l’horizon 2030. Autrement dit : dépister davantage, traiter plus tôt et maintenir durablement les patients sous traitement afin de transformer les progrès statistiques en contrôle réel de l’épidémie.

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