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Vie chère : le gouvernement anticipe l’impact des tensions au Moyen-Orient avant le lancement de la Centrale d’achat du Gabon

2026-03-05 - 12:24

À quelques semaines du lancement officiel de la Centrale d’achat du Gabon, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a fait le point avec les responsables de cet outil stratégique destiné à stabiliser les prix des produits de première nécessité. Au cœur des échanges : les préparatifs opérationnels, mais aussi les risques liés aux tensions internationales, notamment les attaques américaines et israéliennes en Iran, susceptibles d’influencer les coûts du transport maritime et les prix des marchandises. Un moment de l’audience. © GabonReview/Capture d’écran À l’approche de la mise en service de la Centrale d’achat du Gabon, prévue le 1er avril prochain, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a reçu mercredi les responsables de cette structure stratégique chargée de réguler l’approvisionnement et de contribuer à la stabilisation des prix des produits de première nécessité. Cette audience s’inscrit dans la phase finale des préparatifs de cet instrument présenté par les autorités comme un levier majeur de protection du pouvoir d’achat des ménages. Elle a réuni le président du Conseil d’administration et le directeur général de la Centrale d’achat, Théophile Boutamba, venus présenter l’état d’avancement du projet. «La rencontre avec le VPG visait à lui faire un point d’étape sur la création et le fonctionnement de la Centrale d’achat du Gabon. Nous avons déjà lancé les candidatures, identifié le siège. La prochaine étape consiste à équiper les locaux, accueillir les équipes retenues et lancer les premières commandes», a indiqué Théophile Boutamba à l’issue de l’entretien. Selon lui, les démarches ont également été engagées avec l’ensemble des partenaires impliqués dans le circuit d’approvisionnement afin de garantir des produits à des prix accessibles. Toutefois, a-t-il annoncé, «il n’y aura pas de péréquation», expliquant que le mécanisme de péréquation des prix est notamment envisagé afin d’assurer une certaine équité territoriale. Or, selon lui, le prix appliqué à Libreville ne pourra pas être le même que celui appliqué à l’intérieur du pays. Les tensions au Moyen-Orient sous surveillance Le directeur général de la Centrale d’achat du Gabon, Théophile Boutamba. © GabonReview/Capture d’écran Au-delà des aspects organisationnels, les échanges ont largement porté sur le contexte géopolitique international et ses possibles répercussions sur l’approvisionnement du Gabon. Les attaques américaines et israéliennes visant l’Iran et les tensions persistantes dans la région ont en effet ravivé les inquiétudes sur les circuits maritimes internationaux, notamment autour du détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce mondial. Selon Théophile Boutamba, le vice-président du gouvernement a souhaité obtenir des assurances quant à l’impact éventuel de cette crise sur les volumes attendus et sur les coûts d’importation. «La préoccupation du VPG portait sur l’impact de cette guerre sur les quantités que nous attendons et sur les coûts. Nous avons indiqué que nos circuits d’approvisionnement ne passent pas par le détroit d’Ormuz, mais plutôt par l’Afrique du Sud. Nous pensons donc que les produits seront toujours disponibles», a-t-il expliqué. Toutefois, les responsables de la Centrale d’achat reconnaissent que les tensions internationales pourraient entraîner une hausse du coût du fret maritime. «Ce sur quoi nous sommes quelque peu dubitatifs, c’est le prix du transport qui va forcément augmenter. En période de conflit, les armateurs répercutent souvent ces risques sur les tarifs», a ajouté le directeur général. Un instrument attendu contre la vie chère Pour atténuer ces éventuelles hausses, la Centrale d’achat entend agir sur les coûts logistiques internes, notamment au niveau des frais portuaires et du transport vers l’hinterland. L’objectif est de limiter l’impact des fluctuations internationales sur les prix finaux des produits de première nécessité destinés aux consommateurs gabonais. À quelques semaines de son lancement officiel, la Centrale d’achat du Gabon apparaît ainsi comme un dispositif stratégique pour renforcer la résilience économique du pays, sécuriser l’approvisionnement en produits essentiels et répondre aux préoccupations croissantes des ménages face à la vie chère.

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