Une nouvelle tentative de suicide déjouée sur une passerelle piétonne à Libreville
2026-03-20 - 11:41
Dix jours après le drame du lycée Léon Mba, Libreville a de nouveau frôlé l’irréparable. Un homme a tenté de se jeter d’une passerelle du lycée d’État, avant d’être sauvé in extremis par un agent de la police. Cet incident relance avec acuité le débat sur la sécurisation des infrastructures urbaines et la prévention du désespoir en milieu public. Passerelle du lycée d’Etat à Libreville. © D.R. Dix jours seulement après le drame indicible survenu au lycée Léon Mba, la capitale gabonaise a de nouveau été confrontée à un épisode de profonde détresse humaine. Ce jeudi 19 mars, sur la passerelle du lycée d’État à Libreville, un individu a tenté de mettre fin à ses jours. Il a été sauvé in extremis grâce à l’intervention décisive d’un agent de police, dont la vigilance a permis d’éviter une nouvelle tragédie. L’émotion suscitée par le drame du 9 mars reste vive dans les esprits. Le souvenir de ce jeune lycéen, emporté en pleine jeunesse sous le regard impuissant de témoins bouleversés, continue de hanter les lieux. L’événement d’hier ravive cette douleur collective et souligne la répétition inquiétante de ces actes de désespoir. Au-delà de l’émotion, cet incident met en lumière des lacunes structurelles préoccupantes. Conçues pour sécuriser les traversées piétonnes face au trafic routier, ces passerelles apparaissent aujourd’hui comme des zones à risque. Garde-corps aisément franchissables, absence de dispositifs anti-escalade, accès non restreint aux points hauts : autant de failles qui facilitent le passage à l’acte. Dès lors, le débat ne peut plus se limiter à des considérations esthétiques ou fonctionnelles. La question de la sécurisation physique des ouvrages s’impose avec urgence. L’installation de grillages de protection, de filets ou d’autres dispositifs dissuasifs apparaît désormais comme une nécessité pour prévenir ces gestes irréversibles. La surveillance humaine comme ultime rempart ? Une vue de l’homme et l’agent sur le toit. D.R. Face à la récurrence de ces situations, l’hypothèse d’une présence humaine permanente sur les passerelles les plus sensibles gagne en crédibilité. Faut-il y déployer des agents de sécurité ou des forces de l’ordre de manière systématique ? Si la mesure peut sembler radicale, elle constitue, pour certains, la réponse la plus immédiate à l’imprévisibilité des comportements liés à la détresse psychologique. Par ailleurs, certains observateurs appellent à une réflexion sur le cadre légal entourant ces actes, estimant qu’une plus grande fermeté pourrait contribuer à en souligner la gravité. Ces événements répétés doivent agir comme un signal d’alarme. Car au-delà des infrastructures, c’est bien la protection de la vie humaine qui est en jeu. Les autorités sont désormais face à leurs responsabilités : sécuriser les espaces publics, renforcer la vigilance et engager des actions concrètes pour éviter que ces passerelles ne deviennent des lieux de renoncement. Thécia Nyomba