Tuberculose : près de 7 000 malades, dont 18 % perdus de vue au Gabon
2026-03-24 - 10:22
À l’occasion de la 33e Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, la ministre de la Santé, Pr Elsa Joséphine Ayo Nkana-Bivigou, a dressé un état des lieux préoccupant de la maladie au Gabon, tout en détaillant les avancées et les ambitions du gouvernement pour enrayer sa progression. La ministre de la Santé, Pr Elsa Joséphine Ayo Nkana-Bivigou. © D.R. La tuberculose reste un défi majeur de santé publique au Gabon, malgré des progrès enregistrés ces dernières années. À l’occasion de la Journée mondiale dédiée à cette maladie, célébrée ce mardi 24 mars 2026 à Libreville, la ministre de la Santé, Pr Elsa Joséphine Ayo Nkana-Bivigou, a lancé un appel à une mobilisation accrue, insistant sur l’urgence d’intensifier la riposte nationale : «Il est temps d’agir», a-t-elle déclaré. Selon les données présentées, 6 847 cas de tuberculose ont été enregistrés en 2025, dont 6 748 cas sensibles et près de 100 cas pharmaco-résistants. Le nombre de nouveaux cas et de rechutes a également augmenté, passant de 6 407 en 2024 à 6 598 en 2025, soit une hausse d’environ 150 cas. Si le taux de succès thérapeutique a légèrement progressé, atteignant 73 % en 2025 contre 71 % en 2024, la situation demeure préoccupante. Le taux de perdus de vue s’élève à 18,9 %, un niveau largement supérieur au seuil de 5 % recommandé par l’Organisation mondiale de la santé. Une stratégie renforcée et des investissements ciblés Face à ces indicateurs, le gouvernement a engagé une série de mesures structurantes. Parmi elles, la mise en place de 17 pôles de diagnostic moléculaire et 29 centres de diagnostic à travers le pays, visant à améliorer la détection précoce. La ministre a également souligné la gratuité des examens et des traitements, ainsi que le renforcement de la prise en charge, notamment dans les milieux carcéraux, considérés comme des zones à forte promiscuité et à haut risque de transmission. Des campagnes de dépistage sont déployées dans les zones reculées, tandis que la collaboration avec des institutions spécialisées, comme le Centre de recherche médicale de Lambaréné (CERMEL), est renforcée pour le suivi des cas résistants. L’ambition d’éradiquer la maladie Au-delà des actions immédiates, les autorités affichent des objectifs à plus long terme. Il s’agit notamment de renforcer les capacités du Programme national de lutte contre la tuberculose, d’intensifier la décentralisation des services et d’impliquer davantage les communautés locales. Le gouvernement entend également élargir les partenariats avec le secteur privé, les ONG et les associations d’anciens malades afin de consolider la réponse nationale. Rappelant que «la tuberculose est l’affaire de tous», la ministre a insisté sur la nécessité de déclarer systématiquement les cas et d’identifier les personnes contacts pour freiner la propagation de la maladie. Dans un contexte marqué par la co-infection avec le VIH et l’émergence de souches résistantes, les autorités gabonaises misent sur une mobilisation multisectorielle pour atteindre un objectif ambitieux : mettre fin à la tuberculose sur le territoire national.