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[Tribune] «Je n’ai pas vendu l’opposition !» : Nadia Christelle Koye contre-attaque et démonte les accusations

2026-03-18 - 11:44

Accusée d’avoir «vendu» l’opposition lors de la présidentielle du 26 août 2023, la sénatrice Nadia Christelle Koye livre une mise au point détaillée sur le fonctionnement du processus électoral et les responsabilités réelles des acteurs politiques. «Cette conception erronée est non seulement inconstitutionnelle, mais elle illustre une immaturité politique», affirme-t-elle, dénonçant des accusations infondées et des manipulations internes à l’opposition, alors que l’emblématique vidéo de l’annonce des résultats dudit scrutin a récemment refait surface sur les réseaux sociaux. La sénatrice UDB, Nadia Christelle Koye. © D.R. Une gouvernance électorale complexe et encadrée La gouvernance électorale est au cœur de tout processus démocratique. Elle constitue un pilier stratégique majeur qui intéresse tout l’écosystème intervenant dans le mécanisme électoral : l’exécutif, les différentes juridictions, les partis politiques, les candidats aux différentes élections politiques et même le peuple qui exerce la souveraineté nationale. La gouvernance électorale est multidimensionnelle et comprend différentes étapes majeures, dont la plus cruciale est celle de la désignation des acteurs intervenant dans l’animation et le fonctionnement des organes en charge de la gestion du processus électoral, ensuite, il y a la confection du calendrier électoral, les actes administratifs régissant l’organisation du scrutin, la désignation des commissaires électoraux, des scrutateurs, le vote et enfin l’annonce par le CGE, puis la proclamation des résultats électoraux par la cour constitutionnelle. Sous l’empire de l’ancienne loi électorale, ces étapes, à l’exception de la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle, étaient organisées par un président neutre, du camp de la majorité composé de trois membres du bureau et de quatre membres de la plénière, ainsi que du camp de l’opposition dont la composition était de la même nature. Une opposition fragmentée et instrumentalisée L’organisation des travaux se faisait sur le principe de la neutralité. Une gageure pour l’opposition, dans un contexte où l’opposition composée de 105 partis politiques était atteinte d’un strabisme divergent extrême. Les différents regroupements de partis politiques ayant des ambitions divergentes, certains parasités par le système, n’ont jamais réussi à s’accorder et à remettre une liste consensuelle de ses représentants ainsi que l’exigeait la loi. Toutes choses qui imposaient des arbitrages, devant tenir compte de l’ensemble des partis politiques pour désigner les 160 commissaires électoraux et les près de 4000 scrutateurs, un festival de cupidité qui favorisait la résurrection de certains partis politiques qui sortaient de leur hibernation à la veille des échéances politiques. Annonce des résultats et cadre légal de contestation La responsabilité de l’annonce des résultats ne pouvait donc pas reposer sur la seule responsabilité du vice-président du CGE, fut-il de l’opposition, puisque les décisions étaient prises de manière collégiale. Mais leur contestation, oui !!! Conformément aux textes, la contestation des résultats ne se faisait pas à l’annonce des résultats électoraux, au risque de se voir exclure des travaux de la plénière, et de compromettre les chances de l’opposition de justifier lesdites contestations. La contestation se faisait dans le procès-verbal sanctionnant les travaux. Et donnait l’opportunité à l’initiateur de contester les résultats électoraux devant la Cour constitutionnelle. C’est le choix que j’avais décidé de faire et que j’assume en toute responsabilité. Accusations et polémique autour de la vidéo L’homo politicus ne saurait l’ignorer, sauf manipulation politicienne obscure ou incompétence politique avérée, ce qui serait encore plus grave pour ceux qui revendiquent, abusivement et de manière incantatoire, incarner une alternative politique vertueuse et crédible. Depuis quelques jours, l’emblématique vidéo de l’annonce des résultats électoraux de l’élection présidentielle du 26 août 2023 est abondamment diffusée sur les réseaux sociaux. Cette vidéo mettrait en exergue la responsabilité du vice-président du Centre gabonais des élections pour le compte de l’opposition accusée d’avoir vendu le vote des gabonais au bénéfice du pouvoir fort heureusement déchu par le CTRI. Cette conception erronée est non seulement inconstitutionnelle, mais elle illustre une immaturité politique et même civique qui inquiète par la qualité de ses auteurs. Des responsabilités internes pointées du doigt Ce qui est le plus ahurissant, c’est que ces accusations émanent notamment des personnes qui ont eux-mêmes, et de manière évidente, directement ou indirectement favorisé la fraude électorale. En effet, qui a favorisé l’explosion de la reconnaissance des partis politiques de l’opposition (107 pour l’opposition contre 4 pour la majorité) ? Qui a imposé que certains de ces partis politiques, qui n’ont jamais eu un seul élu et dont la seule preuve d’existence était le récépissé qui leur était gracieusement offert pour phagocyter l’opposition, participent au processus électoral afin de permettre aux espions de pénétrer le camp de l’opposition au sein du CGE ? Qui a financé certains partis politiques de l’opposition pour parasiter les représentants de l’opposition dans les commissions électorales locales et, in fine dans les bureaux de vote ? Qui a organisé le bug du système informatique pour manipuler la désorganisation du scrutin (écueil que j’ai évité en prenant par anticipation une équipe informatique à mon compte personnel) ? Qui a envoyé ces partis politiques me menacer et même m’agresser pour influencer mes décisions en faveur de la véritable opposition ? Qui a coupé internet (pas les réseaux sociaux, mais internet !) pour empêcher la collecte des procès-verbaux permettant de comparer les résultats électoraux de l’opposition de ceux de la majorité ? Qui pratique la danse du crabe en applaudissant le coup de libération pendant quelques jours, puis au gré de ses intérêts, se retrouve au tribunal pour attaquer une institution alors que l’on a fait pire ? Un engagement politique revendiqué et assumé Je m’appelle KOYE Nadia Christelle, en 2010, j’ai démissionné de mon poste attractif de chef de service des affaires juridiques à Gabon Télécom pour me mettre au service de mon pays, séduite par l’évanescent PSGE. Déçue par les promesses creuses, je me suis engagée en politique, alors que j’étais une femme en activité au Secrétariat général du Gouvernement en 2015, ce qui était un acte héroïque au regard de ce que représentait le régime en 2015. En ce temps beaucoup n’osaient pas afficher leur positionnement à l’opposition. Je l’ai fait et j’ai subi toutes les pressions sociales possibles, mais je l’ai fait par amour pour mon pays !!!!! J’ai participé à la création du mouvement Héritage et Modernité où j’occupais les fonctions de Secrétaire général adjoint 5 ; En 2016, j’ai échappé de justesse à plusieurs assauts, dont celui de la marche pacifique de SOBRAGA ou celui du QG de Monsieur Jean PING ; Ma maison a été incendiée ; Ma vie familiale s’est décomposée en raison de mon engagement politique ; J’ai perdu des avantages et beaucoup plus la stabilité. J’ai fait le tour du Gabon et j’ai mesuré la détresse des Gabonais, ce qui a renforcé ma détermination ; J’ai participé, pour le compte de Monsieur Guy NZOUBA NDAMA, à la rédaction puis au dépôt du recours de Monsieur Jean PING à la Cour constitutionnelle, j’en ai mesuré les faiblesses du point de vue de l’implication de l’opposition dans le processus électoral ; J’ai été membre du principal parti de l’opposition sous le régime déchu ; Je mets au défi quiconque et surtout les néo-opposants de faire la démonstration de leur engagement politique alors qu’ils sont dans leurs salons feutrés, ou derrière leurs écrans pour polluer les réseaux sociaux. Soutien au CTRI et projection politique Je remercie infiniment le CTRI et principalement le Président de la République, Chef de l’État, son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, qui nous a offert l’opportunité d’une alternance démocratique et nous a réconciliés avec nos valeurs culturelles et patriotiques. Mon ancrage politique actuel est la suite logique de mon engagement en faveur du Gabon depuis plus de 11 ans. Il y a un adage qui dit que, lorsque le singe grimpe sur l’arbre, il montre ses parties intimes. Arrêtez de mentir, le Gabon est en construction et les perspectives sont très encourageantes.

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