Transport en commun : Taxi ou bus ?
2026-03-26 - 12:52
La tendance qui se confirme chaque année davantage, relève la préférence de plus en plus marquée des populations de Libreville pour les taxis, au détriment des bus et mini-bus, pour se déplacer quotidiennement à travers les quartiers et agglomérations de la capitale, aux artères désormais embouteillées à longueur de journée. Pour diverses raisons, les bus et mini bus peinent à séduire. Rapidité, confort, souplesse dans les déplacements, les taxis sont plébiscités, en dépit des coûts élevés pratiqués qui maintiennent encore, heureusement, une clientèle non négligeable sur les différents réseaux des bus et mini-bus, privés ou publics. Les réseaux des taxis privés, taxis Gab et Gozem notamment, occupent désormais une place centrale dans la mobilité quotidienne des Librevillois. À toute heure de la journée, ils sillonnent les grandes artères comme le Boulevard Triomphal, les axes menant vers Nzeng-Ayong, PK5, Akanda ou Owendo. Leur principal atout réside dans une accessibilité immédiate : contrairement aux bus, qui circulent selon des itinéraires et des arrêts fixes, les taxis collectifs peuvent être hélés presque n’importe où sur le trajet. Cette flexibilité change la donne, surtout pour ceux qui vivent loin des points d’arrêt officiels ou dans des zones périphériques moins bien desservies. « J’habite à Derrière les Rails, à Bizango. Avec le bus, je dois marcher longtemps jusqu’à l’arrêt et attendre parfois plus de 30 minutes. Le taxi Gab ou autre, je peux le faire venir ou le prendre juste devant chez moi et il me dépose presqu’au seuil de mon travail », témoigne Aïcha, vendeuse au marché de Mont-Bouët. La rapidité constitue un autre argument de poids. Dans une ville où la circulation devient dense dès les heures de pointe, les chauffeurs de taxis adaptent leurs parcours en fonction du trafic. Ils empruntent des itinéraires alternatifs, évitent les bouchons les plus critiques et déposent les passagers au plus près de leur destination. Ce gain de temps est souvent décisif. « Le bus est moins cher, mais il met deux fois plus de temps. Avec le taxi, j’arrive à l’heure au bureau et je peux même enchaîner plusieurs courses dans la journée », explique Jean-Paul., employé dans une administration du centre-ville. Avantages comparatifs À cela s’ajoute l’essor des taxis particuliers, commandés par téléphone ou via des applications de messagerie. Ces véhicules séduisent particulièrement les usagers en quête de confort, de discrétion ou de fiabilité. Pour les familles, les professionnels ou ceux qui se déplacent avec des bagages, ils représentent une solution rassurante lorsque l’attente du bus s’éternise. « Quand je rentre tard le soir ou quand je suis avec mes enfants, je préfère appeler un taxi particulier. C’est plus sûr et plus confortable. Le bus, c’est bien pour les longues distances, mais pas tous les jours », confie Fatou K., mère de famille résidant au quartier Glass, dans le 4ème arrondissement de Libreville. De leur côté, les bus, exploités notamment par Trans’Urb et la Sogatra (dans un contexte de fusion et de renforcement récent de la flotte), restent confrontés à des difficultés persistantes. Les usagers évoquent fréquemment des temps d’attente trop longs, un nombre limité de lignes opérationnelles et une couverture inégale de certains quartiers. Même si l’arrivée de nouveaux autobus vise à améliorer le service, la fréquence et l’organisation laissent encore à désirer. « J’ai pris le bus une fois cette semaine, j’ai attendu presque 45 minutes. Le taxi est plus cher, mais au moins je ne perds pas ma journée », explique Michel N., étudiant à l’Université Omar Bongo. Taxi ou bus ? Cette préférence pour les taxis reflète une réalité profondément ancrée dans les habitudes de mobilité à Libreville : la recherche constante de solutions rapides, flexibles et immédiatement disponibles. Les taxis, qu’ils soient collectifs ou individuels, ont su s’adapter aux besoins concrets des habitants, devenant un maillon essentiel du transport urbain. Si le bus demeure un pilier indispensable du système de transport public notamment pour les trajets à moindre coût et pour certaines catégories d’usagers, les pratiques actuelles montrent que la flexibilité et la disponibilité priment souvent. À Libreville, la route reste largement dominée par les taxis, miroir d’une organisation du transport façonnée avant tout par les exigences du quotidien. Des efforts de modernisation, comme le renforcement des flottes et la structuration du réseau, pourraient à terme rééquilibrer cette dynamique, à condition qu’ils répondent réellement aux attentes des Librevillois. M.-O. Mignonne et Darène Mabelle Ayingone