Éthique médicale : le gouvernement exige des résultats concrets dès la fin du séminaire de Libreville
2026-03-30 - 14:42
À l’ouverture du Séminaire national sur l’éthique et la déontologie en milieu médical, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a fixé un cap sans ambiguïté : obtenir, dès la fin des travaux des 30 et 31 mars 2026 à Libreville, des mesures concrètes et applicables pour transformer en profondeur la qualité de l’accueil et de la prise en charge des patients dans les structures hospitalières du Gabon. Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, en compagnie de la ministre de la Santé, lors de l’ouverture du séminaire. © GabonReview Réuni à Libreville du 30 au 31 mars 2026, le Séminaire national sur l’éthique et la déontologie en milieu médical doit marquer «un point de bascule» vers des résultats tangibles dans le système de santé gabonais. C’est l’exigence formulée, ce lundi, par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, à l’ouverture des travaux, appelant à des décisions «précises, concrètes et applicables». Face aux insuffisances persistantes observées dans certaines structures sanitaires — accueil défaillant, files d’attente, manquements aux règles éthiques —, le membre du gouvernement a insisté sur l’urgence d’une transformation des pratiques. «Ce que vivent encore trop de nos concitoyens [...] n’est pas conforme à l’idée que nous nous faisons de l’État», a-t-il déclaré, soulignant que la qualité de la relation patient-soignant demeure le principal défi à relever. Des attentes opérationnelles clairement définies Dans son allocution, Hermann Immongault a détaillé les résultats attendus de ce séminaire. Il s’agit notamment de définir des standards nationaux d’accueil opposables à toutes les structures sanitaires, d’élaborer des guides de bonnes pratiques et de garantir l’application effective des règles déontologiques dans chaque service. Le vice-président du gouvernement a également insisté sur la mise en place d’outils d’évaluation de la satisfaction des patients, ainsi que sur l’instauration de mécanismes de contrôle et de redevabilité, destinés à restaurer la confiance entre les usagers et le système de santé. Au-delà des mesures immédiates, les conclusions du séminaire devront alimenter une feuille de route nationale intégrée à la politique de santé. Celle-ci devra être «pragmatique, inclusive et orientée vers des résultats concrets», avec pour objectif d’améliorer durablement la qualité des soins et la crédibilité du système sanitaire. Une réforme morale au cœur de la transformation Hermann Immongault prononçant son discours. © GabonReview Inscrite dans la dynamique de restauration de l’État impulsée par le président de la République, cette initiative s’aligne sur les ambitions du Plan national de croissance et de développement (PNCD), qui vise un système de santé «performant, accessible, mais surtout profondément humain». Pour Hermann Immongault, la réforme du secteur ne saurait se limiter aux infrastructures ou aux équipements. Elle doit avant tout passer par «une véritable révolution des comportements», fondée sur le respect de la dignité humaine, l’éthique et la responsabilité professionnelle. Tolérance zéro pour les manquements Le ton s’est voulu ferme sur les suites à donner. Le gouvernement entend sanctionner les manquements graves, valoriser les comportements exemplaires et réorganiser les structures défaillantes. «Il ne peut y avoir de réforme sans exigence, ni d’exigence sans responsabilité, ni de responsabilité sans conséquences», a averti le vice-président du gouvernement. S’adressant aux professionnels de santé, il a rappelé que leur mission «engage la vie humaine» et impose une exigence supérieure. «L’éthique n’est pas une option, la déontologie n’est pas négociable», a-t-il martelé, érigeant l’accueil du patient en acte de soin à part entière. En conclusion, Hermann Immongault a insisté sur l’impatience des citoyens, qui attendent désormais «des preuves, des résultats et des changements visibles» dans leur quotidien. Pour l’exécutif, ce séminaire doit ainsi inaugurer une nouvelle phase d’action, centrée sur des améliorations rapides et mesurables de la prise en charge des patients. «Nous n’avons plus le droit à l’indifférence [...] ni le droit d’échouer», a-t-il déclaré, avant d’ouvrir officiellement les travaux.