Tchibanga : un chasseur mortellement chargé par un éléphant à Moudjombi
2026-02-11 - 16:17
L’épineuse problématique du conflit homme-faune vient de s’alourdir d’un nouveau chapitre tragique dans la province de la Nyanga. Dans la nuit du lundi 9 février 2026, Marvin Moussavou a succombé à une attaque de pachyderme d’une rare violence dans la forêt de Moudjombi. Ce second décès en moins d’une semaine sur le territoire national exacerbe les tensions autour de la cohabitation entre les populations rurales et les espèces protégées. L’épineuse problématique du conflit homme-faune vient de s’alourdir d’un nouveau chapitre tragique dans la province de la Nyanga. Dans la nuit du 9 février 2026, Marvin Moussavou a succombé à une attaque de pachyderme d’une rare violence dans la forêt de Moudjombi. © GabonReview / Dall-E (Intelligence artificielle) La bourgade de Moudjombi, située sur l’axe reliant Tchibanga à Moabi, est plongée dans la consternation. Ce qui ne devait être qu’une incursion cynégétique nocturne a viré au cauchemar pour deux compatriotes, dont l’un n’est jamais revenu de la forêt. Selon des sources judiciaires proches du Tribunal de première instance de Tchibanga, la victime, Marvin Moussavou, participait à une partie de chasse en compagnie de Brice Alain Moubamba Mboumba. C’est au cœur du massif forestier que les deux hommes ont été surpris par un éléphant. L’assaut du mammifère a été d’une soudaineté telle que toute tentative de défense s’est avérée vaine. Devant la « férocité de l’animal », l’accompagnateur du défunt a dû son salut à une fuite désespérée, parvenant à s’extirper de la zone pour donner l’alerte. Un constat d’une violence inouïe Dès le signalement du drame, un dispositif de recherche a été promptement déployé. Une unité mixte, composée des éléments de la brigade territoriale de gendarmerie de Tchibanga et des agents des Eaux et Forêts, épaulée par les membres de la famille, a passé la zone au peigne fin. Le corps sans vie de Marvin Moussavou n’a été localisé que le lendemain matin. Le spectacle qui s’est offert aux autorités témoignait de la furie du pachyderme : la victime présentait des mutilations abdominales sévères et un visage lourdement traumatisé. Sur réquisition du procureur de la République, la dépouille a été transférée vers une maison de pompes funèbres de la capitale nyanéise. Le cri d’alarme de l’arrière-pays Ce drame survient quelques jours seulement après une tragédie similaire enregistrée dans la région de Lambaréné. Cette recrudescence d’attaques mortelles en moins d’une semaine ravive l’exaspération des populations locales, qui se sentent vulnérables face à une faune dont la protection semble, à leurs yeux, primer sur la sécurité humaine. Si les politiques de conservation du Gabon sont citées en exemple à l’international, la réalité du terrain impose aujourd’hui une réflexion urgente sur les mécanismes de compensation et de protection des riverains. Car, au-delà de l’émotion, c’est un sentiment d’abandon qui gagne les zones rurales, où l’on déplore amèrement que « l’éléphant semble avoir plus de droits que l’humain ».