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Suspension des réseaux sociaux : Pr Ayo-Bivigou alerte sur l’autisme, la violence et l’isolement chez les jeunes

2026-03-20 - 08:31

Face aux représentants du corps diplomatique, le 19 mars, à Libreville, quatre membres du gouvernement gabonais, dont la ministre de la Santé, le professeur Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou, ont expliqué la décision de la Haute Autorité de la communication (HAC) de suspendre les réseaux sociaux, au Gabon. Une décision motivée par le développement anarchique de ces plateformes, particulièrement préjudiciable aux jeunes. Et la ministre a insisté sur la nécessité de réguler cette expansion pour protéger la construction identitaire des enfants et des adolescents. Les quatre membres du gouvernement gabonais, dont la ministre de la Santé, le professeur Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou (à droiteà, face aux diplomates, le 19 mars 2026, à Libreville. © GabonReview À l’initiative du ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, accompagné de ses collègues des Affaires étrangères, de l’Économie numérique et de la Santé, une rencontre a eu lieu, le 19 mars, visant à informer et à expliquer aux chefs des missions diplomatiques, des postes consulaires et des organisations internationales la nécessité de la suspension des réseaux sociaux par la Haute autorité de la communication (HAC). Une démarche ayant permis au premier responsable du département ministériel en charge de la Santé, le professeur Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou, d’évoquer les conséquences de ce «développement anarchique des réseaux sociaux» qui pose problème, notamment chez les jeunes. La ministre a d’abord évoqué l’«addition» massive des jeunes aux réseaux sociaux, en relevant comment ils abîment l’enfance. Elle a expliqué que l’enfant «se construit d’abord dans sa série familiale», mais les réseaux sociaux se substituent à la société réelle, altérant la personnalité future. Pour elle, cette exposition excessive mène à une adoption addictive, avec des enfants «qui restent pendant des heures sur leur téléphone». Ce qui impacte inéluctablement leur sommeil et leurs performances scolaires. Diminuer ces contenus toxiques Au-delà de la quantité, la ministre a pointé les dangers qualitatifs des contenus qui entrainent l’isolement social, les défis violents et les phénomènes de buzz. Elle a appelé à diminuer ces contenus toxiques, en reliant cela à des enjeux de santé mentale et sanitaire. Toute chose illustrée, selon elle, par la montée de l’autisme potentiellement liée à l’utilisation des écrans, et aux violences scolaires inspirées de challenges viraux qui créent une «anarchie» chez les jeunes. La professeure Ayo-Bivigou, en tant que médecin, a plaidé pour une responsabilité partagée entre parents, société et gouvernement. «Nous les utilisons tous. Je suis médecin. Je travaille avec aussi bien en tant que ministre qu’en tant que médecin... Mais il va falloir quand même déterminer les choses», a-t-elle préconisé, voyant dans la régulation un moyen de bâtir une santé mentale solide pour des adultes «calmes et normaux». Elle a appelé à s’asseoir «autour de la table» pour évaluer et instrumenter des solutions, y compris en éducation à la vie.

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