Suspension des réseaux sociaux : l’ EPG d’Alain-Claude Bilie-By-Nzé contre-attaque en justice
2026-03-02 - 17:45
Le parti Ensemble Pour le Gabon (EPG), dirigé par Alain-Claude Bilie-By-Nzé, ancien Premier ministre et figure de l’opposition, a annoncé avoir saisi le tribunal de première instance de Libreville suite à la suspension des réseaux sociaux dans le pays. Le communiqué du parti qualifie cette coupure de censure et de décision « liberticide » et « économiquement dangereuse », pointant l’impact sur la liberté d’expression et l’activité économique numérique. Comme le pays tout entier, le parti Ensemble pour le Gabon traverse une zone de turbulences numériques. Samedi 28 février, la page officielle Facebook de ce parti, principal canal de communication a été purement et simplement supprimée. Alain Claude Bilie-By-Nze ne compte pas rester silencieux. Pour le parti Ensemble Pour le Gabon (EPG), la décision de suspendre la plateforme Meta au Gabon est un « dépassement caractérisé de compétence ». Le parti souligne que la régulation de contenus illicites ne peut justifier une privation massive d’accès à l’information pour les citoyens. « Aucun texte constitutionnel ni législatif, en effet, ne confère à la haute autorité de la communication la compétence pour : suspendre l’accès général à des plateformes numériques », martèle le communiqué du parti. Au-delà de la liberté d’expression, le parti point du doigt des enjeux financiers. Avec environ 850 000 utilisateurs actifs en octobre 2025 (soit 32,6 % de la population), les réseaux sociaux sont le moteur d’une économie numérique pesant près de 250 milliards de FCFA (environ 5 % du PIB). L’ EPG rappelle que des milliers de jeunes entrepreneurs et de PME dépendent de ces outils pour leurs transactions quotidiennes. Pour le parti, qui affirme ne pas avoir accès aux médias publics, cette suspension est également un frein majeur à son activité politique. Face à ce qu’il qualifie de « voie de fait », l’EPG a missionné ses avocats pour introduire une requête en référé d’heure à heure auprès du tribunal de première instance de Libreville. Afin de faire constater l’atteinte aux libertés fondamentales et obtenir le rétablissement immédiat de la connexion. « La restauration des institutions ne peut se faire au prix de la restriction des libertés fondamentales », conclut l’EPG, appelant à un État de droit plutôt qu’à un État restrictif. La suspension des communications numériques n’est pas un phénomène inédit au Gabon, mais elle prend une résonance particulière dans le contexte actuel de transition politique. Betines Makosso