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Suspension des réseaux sociaux : Bilie-By-Nze, «porte-parole de la minorité bruyante», selon Ngoyo Moussavou

2026-03-16 - 11:05

Dans une interview parue au quotidien L’Union ce lundi 16 mars 2026, le président de la Haute autorité de la communication (HAC) a défendu la décision de suspendre certains réseaux sociaux au Gabon, à la suite de l’irrecevabilité prononcée le 11 mars dernier par la Cour constitutionnelle contre une requête visant son annulation. Germain Ngoyo Moussavou estime que l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui a saisi le tribunal de Libreville sur la même question, s’exprime au nom d’une «minorité bruyante». Germain Ngoyo Moussavou (à gauche) qualifie Alain-Claude Bilie-By-Nze de «porte-parole de la minorité bruyante» après sa plainte au tribunal de Libreville. © GabonReview (montage) La Haute autorité de la communication (HAC) maintient sa ligne. Dans un entretien accordé au quotidien L’Union, son président affirme que la décision de suspendre certains réseaux sociaux demeure conforme au cadre légal, après que la Cour constitutionnelle a déclaré irrecevable, le 11 mars dernier, une requête introduite par des citoyens visant à faire annuler cette mesure. Selon lui, cette décision juridictionnelle confirme la position de l’institution de régulation. «La Cour constitutionnelle a dit le droit», affirme-t-il, précisant que la HAC «prend acte de la décision». Pour Germain Ngoyo Moussavou, la juridiction constitutionnelle n’a pas fermé la voie à toute contestation, mais a simplement estimé que les requérants s’étaient trompés de procédure. Le président de la HAC insiste également sur le périmètre de la mesure, rappelant qu’elle ne concerne que «certains réseaux sociaux» et que l’accès à Internet «continue de fonctionner normalement» au Gabon, bien que, dans les faits, une forte réduction du débit est observée depuis près d’un mois, à la suite de la décision. Une nouvelle procédure judiciaire en cours L’affaire pourrait toutefois connaître un nouveau développement judiciaire. L’ancien Premier ministre et président du parti Ensemble pour le Gabon, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a en effet introduit une plainte devant le tribunal de Libreville pour contester la suspension. La décision du tribunal est attendue le 18 mars 2026. Interrogé sur l’initiative du président du parti politique Ensemble pour le Gabon (EPG), Germain Ngoyo Moussavou adopte une posture à la fois prudente et provocatrice. «Nous sommes respectueux de l’État de droit. Il faut laisser la justice faire son travail», déclare-t-il. Et d’ajouter : «Nous disons que la HAC a pris une décision conformément à la loi qui encadre son fonctionnement et ses missions, n’en déplaise à celui qui a porté plainte. Il est dans son rôle de porte-parole de la minorité bruyante. La majorité silencieuse, elle, plus responsable, comprend que la décision de suspendre était nécessaire, salutaire pour prendre le temps d’encadrer juridiquement l’usage des réseaux sociaux au Gabon, pour qu’ils cessent d’être le terreau de dangers ambulants.» Pour le président de la HAC, la suspension vise avant tout à prévenir les dérives observées sur les plateformes numériques. Une position qui reflète donc la volonté de l’institution de régulation de maintenir la mesure en attendant la mise en place d’un cadre plus strict pour l’utilisation des plateformes numériques dans le pays.

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