Satram–EGCA : les travailleurs dénoncent des irrégularités financières et interpellent la justice
2026-03-18 - 18:32
Les représentants des travailleurs des sociétés Satram et EGCA ont dénoncé, ce mercredi 18 mars 2026 à Port-Gentil, des faits présumés de dissimulation de la situation financière de leurs entreprises devant la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA), appelant à l’intervention de la justice. Selon les délégués, les entreprises auraient affirmé ne pas être en cessation de paiement, alors que la situation interne serait marquée par d’importants retards de salaires. Ils évoquent plus de 60 mois d’arriérés pour certains agents, des salaires impayés depuis mars 2025 pour d’autres, ainsi que des droits non versés aux familles de travailleurs décédés. Ils mentionnent également des dettes sociales et fiscales estimées à plus de 25 milliards de FCFA chacune, ainsi que plus de 16 milliards de FCFA dus aux employés. Les représentants du personnel estiment que ces déclarations auraient permis aux sociétés d’obtenir des décisions judiciaires favorables, notamment un sursis à leur liquidation prononcée en avril 2024 et confirmée en août 2025. Ils dénoncent par ailleurs des cessions d’actions jugées opaques, impliquant la famille Jakhoukh, ainsi que le rôle de la société Alogis, accusée de gérer les actifs tout en se présentant comme indépendante. La tension s’est également déplacée sur le terrain médiatique. Les travailleurs mettent en cause la conseillère juridique d’Alogis, Marlène Fabienne Essola Efountame, qu’ils accusent de propos « mensongers et diffamatoires ». « Face à ces actes, nous exigeons que toute action de diffamation ou de falsification de la vérité, ainsi que toute acte contre l’autorité judiciaire, soit fermement condamnée. Que la responsabilité de ces propos soit engagée, c’est-à-dire de Marlène Fabienne Essola Efountame », a déclaré le délégué Dimitri Foufoua. Les représentants des travailleurs demandent l’intervention du ministre de la Justice, avec l’ouverture d’enquêtes sur les aspects financiers et les déclarations publiques. « Alogis que nous avons créé, veut maintenant s’accaparer de tous les biens de EGCA et de Satram. Alogis, au départ, c’est un gérant qui n’a rien du tout, qui vient juste gérer les biens de EGCA et de Satram, donc les actifs de EGCA et de Satram », a ajouté Dimitri Foufoua. En toile de fond, les travailleurs évoquent une crise qui dure depuis plusieurs années et ses conséquences sociales. « Je survie là après un AVC. Manger même aujourd’hui devient un problème pour moi qui a fait 23 ans de boite. Sans argent on ne peut rien faire, que les gens qui gèrent soient un peu pls décisifs pour que ce que l’on vit soient des lointains souvenirs. Ne nous decevez pas! », témoigne Noël Okawé Ambourouet. Jean-Jacques Rovaria Djodji