Sécurité alimentaire et contraintes économiques : l’AGASA ouvre le dialogue avec les acteurs du secteur
2026-02-16 - 14:47
À Libreville, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) a réuni, ce lundi 16 février 2026, opérateurs économiques, consommateurs et partenaires sociaux pour évaluer les effets des récentes mesures économiques sur la filière alimentaire. L’institution veut éviter que l’alourdissement des charges ne fragilise la qualité sanitaire des produits mis sur le marché. Moment des échange avec le directeur général, Dr Jean Delors Biyogue Bi Ntougou. © Communication Agasa Dans un contexte de modernisation du système fiscal et d’élargissement de la base contributive, le secteur alimentaire et agroalimentaire s’inquiète des conséquences des nouvelles dispositions économiques sur ses activités. Face à ces préoccupations, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) a organisé un atelier de consultation présidée par son directeur général, Dr Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, visant à concilier impératifs économiques et protection du consommateur. L’Agence rappelle qu’«au-delà des considérations économiques, un enjeu demeure central : la maîtrise des risques sanitaires, phytosanitaires et nutritionnels des aliments». Préserver la conformité sanitaire malgré les contraintes financières Chargée de la surveillance sanitaire de la chaîne alimentaire, l’AGASA insiste sur son rôle régalien. «Conformément à ses attributions, l’AGASA a pour mission de prévenir, d’évaluer et de gérer les risques sanitaires, phytosanitaires et nutritionnels liés aux aliments, de la production à la distribution», souligne le compte rendu officiel de l’atelier tenu ce 16 février 2026, qui a réuni opérateurs économiques, associations de consommateurs et organisations syndicales afin d’examiner l’impact des nouvelles mesures économiques sur le fonctionnement du secteur. L’objectif était clair : «analyser, de manière concertée, l’impact des mesures économiques (...) tout en veillant à ce que les contraintes financières n’affectent ni la conformité sanitaire des denrées ni la protection du consommateur». Au cœur des discussions figuraient notamment l’augmentation des coûts d’exploitation pour les entreprises, la capacité des acteurs à maintenir les exigences réglementaires de conformité, ainsi que les pistes d’ajustement susceptibles de préserver la viabilité économique des opérateurs. Une dimension sociale avec le programme «Solidarité Vie chère» Les échanges ont également abordé la dimension sociale, à travers le programme baptisé «Solidarité Vie chère». Celui-ci prévoit notamment la «valorisation encadrée des produits à DLC courte au profit des restaurants universitaires», en partenariat avec le Centre national des œuvres universitaires (CNOU). L’initiative vise à limiter le gaspillage alimentaire tout en améliorant l’accès des étudiants à des denrées contrôlées et conformes aux normes sanitaires. Pour l’AGASA, la démarche dépasse la simple concertation sectorielle. «Cet atelier se veut un cadre d’expertise et de responsabilité partagée, afin de concilier exigences économiques et impératif de sécurité sanitaire des aliments au Gabon», conclut l’Agence. En ouvrant le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes, l’institution entend ainsi maintenir un équilibre délicat : accompagner les réformes économiques engagées par l’État tout en garantissant la sécurité alimentaire des populations.