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Réforme des partis politiques : le gouvernement maintient la date butoir du 27 juin malgré les réticences

2026-03-30 - 14:02

Malgré les inquiétudes et les demandes d’assouplissement exprimées par plusieurs formations politiques, le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, a confirmé le maintien de l’échéance du 27 juin 2026 pour la mise en conformité des partis à la loi n° 016/2025. Une position ferme qui place les 104 partis actuellement reconnus face à une course contre la montre, sous peine de dissolution. Le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, entend faire respecter l’échéance du 27 juin 2026. © D.R. Le gouvernement gabonais ne cédera pas. À trois mois de l’échéance fixée au 27 juin 2026, les autorités maintiennent fermement la date limite imposée aux partis politiques pour se conformer aux nouvelles dispositions légales encadrant leur fonctionnement. Dans un communiqué officiel daté du 27 mars 2026, le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation rappelle que les formations politiques disposent d’un délai de douze mois, à compter de l’entrée en vigueur de la loi n° 016/2025 du 27 juin 2025, pour satisfaire à l’ensemble des exigences prescrites. Ce délai court jusqu’au 27 juin 2026 et vise à permettre l’établissement d’un fichier actualisé et fiable des partis politiques légalement reconnus au Gabon . Une échéance maintenue malgré les contestations Cette position intervient alors que plusieurs des 104 partis politiques recensés à ce jour ont exprimé des difficultés à réunir les conditions requises dans les délais impartis. Certaines formations plaident notamment pour un report de l’échéance, invoquant des contraintes organisationnelles et logistiques. Mais pour l’exécutif, il n’est pas question de revenir sur le calendrier. Déjà, lors d’une rencontre tenue le 21 janvier 2026 à l’auditorium d’Arambo, le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, avait insisté sur la nécessité de respecter cette échéance afin d’assainir durablement le paysage politique. La réforme introduite par la loi n° 016/2025 impose désormais des conditions rigoureuses pour la reconnaissance juridique des partis. Chaque formation doit notamment fournir un dossier complet comprenant ses statuts, son règlement intérieur, les pièces d’identité de ses dirigeants, ainsi qu’une liste d’au moins 10 000 adhérents répartis sur l’ensemble des neuf provinces, chacun identifié par un Numéro d’identification personnelle (NIP). À ces exigences s’ajoutent l’obligation de disposer d’un siège physique fonctionnel, d’un compte bancaire dédié, d’une comptabilité certifiée sous le contrôle de la Cour des comptes, ainsi que la mise en place d’organes internes structurés, notamment des commissions en charge des finances et de l’arbitrage. Risque de dissolution pour les partis non conformes Le texte prévoit également des sanctions en cas de non-respect. Les partis qui ne déposeront pas de dossier conforme dans les délais s’exposent à une perte de leur personnalité juridique, voire à une dissolution pure et simple. Par ailleurs, la réforme instaure une obligation de participation aux échéances électorales. Toute formation qui s’abstiendrait de présenter des candidats à deux scrutins consécutifs pourrait également perdre son statut légal. À l’approche de la date butoir, cette réforme apparaît comme un tournant majeur pour le système partisan gabonais. En imposant des critères de représentativité et de structuration plus élevés, les autorités entendent réduire la fragmentation politique et renforcer la crédibilité des acteurs en lice. Reste à savoir combien des 104 partis actuellement reconnus réussiront à franchir ce cap avant le 27 juin 2026.

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