Protection de l’environnement : Jeff Bezos parie 50 millions de dollars sur la nature gabonaise
2026-03-26 - 16:12
Le milliardaire américain, Jeff Bezos, fondateur d’Amazon et du Bezos Earth Fund, vient de confirmer un engagement personnel inédit : 50 millions de dollars seront injectés dans le programme de conservation «Gabon Infini». Un projet, porté conjointement par le gouvernement gabonais, The Nature Conservancy (TNC) et plusieurs institutions financières, qui vise la protection durable des forêts du Bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie. Le milliardaire américain Jeff Bezos (au milieu), fondateur d’Amazon et du Bezos Earth Fund, lors d’une visite en 2022 au Gabon. © D.R. Selon plusieurs sources, dont l’Agence Bloomberg, le milliardaire américain, Jeff Bezos, fondateur du Bezos Earth Fund, va injecter 50 millions de dollars dans la protection de la nature au Gabon. L’enjeu dépasse la philanthropie, indiquent les observateurs. Il s’agit d’un modèle économique à long terme, où la nature devient un véritable actif financier. «Gabon Infini» ambitionne de mobiliser près de 200 millions de dollars sur plus d’une décennie. Reposant sur le mécanisme de Project Finance for Permanence (PFP- Financement de projets pour la pérennité-), «Gabon Infini» ambitionne de mobiliser près de 200 millions de dollars — environ 121 milliards de francs CFA — sur plus d’une décennie. Contrairement aux subventions classiques, le dispositif lie les décaissements à des objectifs mesurables, notamment la sanctuarisation de 30 % du territoire gabonais, terrestre comme marin, d’ici à 2030. Ce cadre de gouvernance, par résultats, assure aux bailleurs, qu’ils soient publics ou privés, la stabilité et la transparence des engagements pris. Le programme s’articule autour de trois piliers stratégiques, à savoir : la préservation de la biodiversité, le développement communautaire et la souveraineté économique. D’un côté, 3,9 millions d’hectares de forêts et plus de 18 000 kilomètres de rivières sont placés sous gestion durable, tandis que, de l’autre, des projets d’écotourisme et d’agriculture responsable offriront de nouveaux débouchés économiques à environ 100 000 Gabonais vivant près des zones protégées. L’idée est donc de concilier prospérité locale et protection globale. Un signal fort de la confiance envers la diplomatie verte gabonaise Pour Jeff Bezos, cet investissement personnel s’inscrit dans la continuité d’une vision mondiale de la conservation. Depuis la création du Bezos Earth Fund en 2020, doté de 10 milliards de dollars, le milliardaire entend consacrer une part significative de sa fortune à la lutte contre le changement climatique et à la protection des forêts tropicales. Selon le Fonds, la contribution de Bezos, au Gabon, complète une enveloppe collective de 94 millions de dollars engagée par d’autres philanthropes et partenaires internationaux. On évoque ici un signal fort de la confiance envers la diplomatie verte gabonaise. Avec 88 % de couverture forestière et un bilan carbone positif, le Gabon confirme son statut de pionnier environnemental en Afrique. En transformant la conservation en levier macroéconomique, le pays redéfinit la valeur de son patrimoine naturel. Bezos, lui, voit dans «Gabon Infini» un laboratoire africain pour la finance verte ; un modèle qui associe durabilité, souveraineté et rentabilité. À terme, cette alliance entre capital privé et nature publique pourrait redessiner la cartographie mondiale de la richesse : celle qui se mesure désormais en tonnes de carbone préservées plutôt qu’en barils de pétrole extraits.