Promesses d’intégration dans l’armée : la DGR met fin au manège d’un faux intermédiaire
2026-02-24 - 11:34
Un homme se présentant comme responsable d’une ONG dont les services sont en lien avec ceux des Forces de défense et de sécurité a été interpellé par la Direction générale des Recherches (DGR). Il est soupçonné d’avoir soutiré de l’argent à plusieurs jeunes sans emploi en leur promettant une intégration au sein de l’armée, de la police ou de la gendarmerie nationale. Face aux agents, l’intéressé, qui ne manque pas de culot, a reconnu les faits, tout en tentant de montrer leur bienfondé. La DGR a récemment interpellé un présumé escroc au recrutements imaginaires dans les corps habillés. © D.R. La Direction générale des Recherches (DGR) a récemment mis la main sur un présumé escroc à Libreville. L’homme est accusé d’avoir promis à plusieurs jeunes Gabonais, en situation de chômage, une incorporation dans les forces de défense et de sécurité — armée, police ou gendarmerie — moyennant le versement d’une somme d’argent. Se présentant comme responsable d’une organisation non gouvernementale non officiellement reconnue, il affirmait être un spécialiste de la vulgarisation des textes juridiques encadrant les corps habillés au Gabon. Quelques mois auparavant, il avait publié dans le journal Zoom Hebdo une annonce invitant les jeunes des deux sexes à se manifester en vue d’une supposée intégration. Interrogé par la télévision publique Gabon 1ère, le mis en cause reconnaît avoir publié l’annonce, mais en conteste l’objectif frauduleux : «Ce n’est plus évident de rentrer dans l’armée. Moi, j’ai écouté les témoignages des enfants. Ils se sont confiés à moi. Je les ai entendus parler. J’ai donc fait passer une annonce dans un journal. L’objectif de cette annonce était de recenser les jeunes Gabonais qui ont envie de rejoindre, soit l’armée, soit la police, soit la gendarmerie. Il s’agissait d’abord de les recenser. Est-ce que vous comprenez ? Parce que, quand ils sont recensés, à partir de cet instant, je peux avoir une base de données de travail. Parce que je travaille sur un rapport annuel sur la défense nationale et les questions de recrutement. Mais je ne peux pas travailler si je n’ai pas des données qui sont concrètes.» «J’assume mes actes» Questionné sur la réalité et la composition de l’ONG au nom de laquelle il dit agir, l’intéressé reste évasif : «La question n’est pas de savoir si je suis le seul membre de mon ONG ou pas. Je suis le président de cette ONG. Et si, à cause de cette ONG, je devais aller en prison, j’assume mes actes.» Ancien élève de l’École secondaire des cadets de la police (ESCAPE), il affirme par ailleurs être connu dans les milieux militaires grâce à son organisation, laquelle aurait, selon lui, déjà organisé plusieurs séminaires à Libreville — une information difficilement vérifiable. Placée sous enquête, l’affaire devrait désormais être portée devant la justice, où le suspect devra répondre des accusations d’escroquerie qui pèsent contre lui.