TheGabonTime

Présence des femmes au parlement : une progression mondiale qui s’essouffle

2026-03-07 - 13:45

La progression de la représentation féminine dans les parlements nationaux marque un net ralentissement à l’échelle mondiale. Selon un rapport publié par l’Union interparlementaire à la veille de la Journée internationale des femmes, les femmes occupent désormais 27,5 % des sièges parlementaires, une hausse marginale qui illustre un essoufflement des avancées et met en lumière les obstacles persistants, notamment les violences et intimidations visant les élues. Les femmes dirigeantes parlementaires s’unissent pour l’égalité des sexes et la paix lors du 15e sommet des femmes présidents du Parlement à Genève. © UIP/Pierre Albouy Au 1er janvier 2026, les femmes occupaient 27,5 % des sièges dans les parlements nationaux à travers le monde, soit une progression de seulement 0,3 point par rapport à 2025. C’est ce que révèle le rapport «Les femmes au parlement 2025», publié par l’Union interparlementaire (UIP) à l’occasion de la Journée internationale des femmes célébrée le 8 mars. Selon l’organisation, il s’agit de la progression la plus lente enregistrée depuis près de dix ans, confirmant un ralentissement de la dynamique observée ces dernières années en matière de représentation politique des femmes. Le rapport souligne également un recul de leur présence aux postes de direction parlementaire. Parmi les 75 nouvelles nominations à la présidence de parlements recensées en 2025, seules 12 ont concerné des femmes. Le rôle déterminant des quotas Pour l’Union interparlementaire, les dispositifs de quotas restent un levier déterminant pour améliorer la représentation des femmes dans les institutions législatives. Dans les 49 pays ayant organisé des élections en 2025, les parlements dotés de mécanismes législatifs favorisant la parité comptaient en moyenne 31 % de femmes élues. À l’inverse, les chambres ne disposant pas de tels dispositifs n’enregistraient qu’une moyenne de 23 %. Ces données confirment l’impact des politiques publiques visant à corriger les déséquilibres persistants dans l’accès des femmes aux fonctions politiques. Des disparités régionales marquées La représentation féminine varie fortement selon les régions du monde. Les Amériques demeurent la zone la plus avancée, avec 35,6 % de femmes parlementaires. À l’opposé, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord affichent les niveaux les plus faibles, les femmes n’y occupant en moyenne que 16,2 % des sièges. Certains pays ont toutefois enregistré des avancées significatives. Le Kirghizistan a connu la progression la plus importante en 2025, avec une hausse de 12,9 points de la représentation féminine, suivi de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, qui a gagné 12,3 points. À l’inverse, plusieurs États continuent de n’avoir aucune femme parlementaire dans leurs chambres basses ou uniques, notamment Oman, Tuvalu et le Yémen. Les femmes parlementaires exposées aux violences Au-delà des questions de représentation, les femmes engagées en politique demeurent particulièrement exposées aux violences et aux intimidations. Selon l’Union interparlementaire, 76 % des femmes parlementaires interrogées déclarent avoir subi des violences ou des formes d’intimidation dans l’exercice de leurs fonctions, contre 68 % des hommes. Ces violences prennent différentes formes : attaques en ligne, campagnes de harcèlement, menaces ou pressions dans l’espace public. La députée italienne Valentina Grippo, membre de la délégation européenne auprès de l’UIP, souligne la pression constante exercée sur les élues. «Si vous dites quelque chose qui n’est pas parfaitement en ligne avec ce que votre public veut entendre, vous subissez de multiples attaques», explique-t-elle. Une prise de conscience progressive Longtemps peu dénoncées, ces violences font désormais l’objet d’une attention croissante au niveau international. Pour Mariana Mutzenberg, responsable du programme genre de l’UIP, la reconnaissance de ce phénomène constitue une étape importante. «Ce n’est plus un sujet tabou. On sait désormais que cela se produit partout dans le monde», affirme-t-elle, rappelant que les études menées par l’organisation montrent que toutes les régions sont concernées. Plusieurs pays ont commencé à adopter des mesures pour lutter contre ces violences. En 2025, la Bolivie a ainsi adopté une législation spécifique visant à prévenir et sanctionner les violences faites aux femmes en politique. Aux Philippines, la Commission électorale a renforcé ses dispositifs lors des élections de la même année. En Afrique, la Tunisie a été le premier pays à se doter d’une législation dédiée à cette problématique, tandis que la Tanzanie a introduit des dispositions dans sa loi électorale. Au Bénin et en Sierra Leone, des initiatives ont également été engagées pour intégrer la lutte contre ces violences dans les codes de conduite parlementaires. Pour Mariana Mutzenberg, ces initiatives restent essentielles : «La prise de conscience est importante, mais il faut aussi des lois et des mesures fortes de la part des autorités électorales pour s’attaquer à ce phénomène.»

Share this post: