Port-Gentil : une femme de 41 ans et « Le Lion » écroués pour trafic de drogue et de substances vénéneuses
2026-02-11 - 12:37
Deux affaires distinctes liées aux trafics de produits prohibés ont récemment défrayé la chronique à Port-Gentil, dans la province de l’Ogooué-Maritime. Une femme au foyer de 41 ans et un jeune homme de 26 ans ont été interpellés, puis placés sous mandat de dépôt pour trafic de drogue et détention illicite de substances vénéneuses. Junior Luca Ingom Ndong, alias «Le Lion» et sa cargaison saisie. © D.R. Ces deux dossiers, instruits respectivement par l’Office central de lutte antidrogue (Oclad) et les services du Commissariat central de Port-Gentil, mettent en lumière à la fois l’ingéniosité des réseaux criminels et la vigilance accrue des forces de sécurité. Et la mobilisation coordonnée de ces derniers a permis de neutraliser deux individus soupçonnés de s’adonner à des activités illicites structurées. Un réseau structuré autour d’importations dissimulées Rosalie Makanga et les objets du trafic à l’origine de son arrestation. © D.R. Dans la première affaire, Rosalie Makanga, 41 ans, a été interpellée à son domicile par l’antenne provinciale de l’Oclad, à la suite d’informations concordantes faisant état de ses activités suspectes. La perquisition effectuée sur les lieux a conduit à la saisie de poudre de cocaïne et de plusieurs produits prohibés, pour une valeur marchande globale estimée à 11,744 millions de francs CFA. Les enquêteurs ont également découvert quatre balances électroniques destinées au conditionnement de la drogue, ainsi qu’une somme de 230 000 francs CFA en numéraire. Placée en garde à vue, la quadragénaire a reconnu assurer un rôle logistique au sein du réseau. Au cours de son audition, elle a mis en cause son époux, Ben Ifemena Arinze, en séjour au Nigeria depuis trois mois. Elle a notamment déclaré : «mon époux procède à l’importation de la cocaïne depuis le Nigeria en la dissimulant dans des appareils audio expédiés vers le Gabon. Une fois arrivés à Libreville, les colis sont acheminés par bateau vers Port-Gentil. Pour contourner la vigilance des services de sécurité, les envois sont effectués sous des noms de destinataires inconnus. Je me charge de récupérer les colis au port et d’en assurer la livraison à nos différents clients». Présentée devant le parquet de la République, elle a été inculpée pour trafic et complicité de trafic de drogue, avant d’être écrouée à la prison centrale de Port-Gentil. Une opération conjointe et un stratagème déjoué La seconde affaire concerne Junior Luca Ingom Ndong, alias «Le Lion», un Gabonais âgé de 26 ans, interpellé le 19 janvier 2026 au port môle de Port-Gentil. À la suite d’une alerte émanant du Commissariat de Nzeng-Ayong, à Libreville, les forces de l’ordre ont mis sous surveillance l’arrivée d’un colis en provenance de la capitale. Celui-ci contenait 126 plaquettes de comprimés de Tapentadol, considérés comme des substances vénéneuses non classées comme stupéfiants, communément appelées «kobolos». Initialement intercepté à Libreville, le colis a fait l’objet d’une opération conjointe entre les deux unités, consistant à substituer un colis factice à l’envoi original afin de ne pas éveiller les soupçons. Le 4 février courant, le véritable paquet, dissimulé dans un baffle, a été transmis aux enquêteurs de Port-Gentil par le biais du Tribunal de première instance, permettant l’interpellation du destinataire au moment de la récupération. Au cours de l’enquête préliminaire, le mis en cause a reconnu les faits, précisant que son cousin, William Ngom, résidant à Libreville, était l’expéditeur, et qu’il s’agissait de sa quatrième opération. Les précédents envois étaient dissimulés dans des lots de parfums ou de rasoirs électriques. Déféré devant le parquet de la République vendredi dernier, il a été incarcéré à la prison du Château, établissement qu’il connaissait déjà pour y avoir séjourné en 2018 pour des faits de détournement de fonds et de blanchiment d’argent. Au regard de ces éléments, ces deux affaires distinctes illustrent la persistance des trafics dans l’Ogooué-Maritime, tout en témoignant de la détermination des autorités judiciaires et des forces de sécurité à enrayer durablement ces réseaux criminels.