Port-Gentil : Ruffin Manfoumbi, vigile sans contrat ni considération inhumé dans une fosse commune
2026-01-25 - 21:07
Victime d’un assassinat sur son lieu de travail en décembre 2024, le vigile gabonais Ruffin Manfoumbi a été enterré plus d’un an plus tard à titre d’indigent, dans une fosse commune à Port-Gentil. Une décision autorisée par le parquet, après que la société Gabosep a invoqué le dépassement du délai légal de conservation des corps. La famille, qui dénonce le «mépris» de son ancien employeur, l’entreprise Fox Fort Security, poursuit son combat judiciaire pour obtenir la vérité sur les circonstances de ce drame. Ruffin Manfoumbi de son vivant. © L’Union Plus d’un an après son décès tragique, Ruffin Manfoumbi, ancien employé de la société de gardiennage Fox Fort Security, a été enterré à titre d’indigent dans une fosse commune à Port-Gentil. Selon le quotidien L’Union, «cette inhumation a été sollicitée auprès du procureur de la République près le Tribunal de première instance de la cité pétrolière du Gabon, le 25 juin 2025, par la Gabonaise de sépulture (Gabosep), dont l’espace de conservation était occupé par ces dépouilles». La société Gabosep avait en effet rappelé il y a quelques mois que la durée de conservation des corps avait dépassé le délai autorisé par la loi, fixé à six mois. Outre Ruffin Manfoumbi, plusieurs autres dépouilles ont été inhumées dans les mêmes conditions. La colère de la famille Les proches du défunt dénoncent «un mépris de Fox Fort Security dont le siège se trouve à Libreville». Pour eux, l’entreprise n’a pas assumé ses responsabilités vis-à-vis de l’un de ses agents, qui avait travaillé deux années consécutives sans contrat de travail ni bulletins de salaire. Le 9 décembre 2024, le défunt avait été agressé alors qu’il assurait une garde de nuit. D’après nos confrères, il était en pleine conversation téléphonique avec sa compagne lorsqu’il «aurait été surpris de recevoir un coup de bâton à la nuque». Ses agresseurs l’auraient ensuite roué de coups, le plongeant dans le coma. Son téléphone portable se serait retrouvé entre les mains du superviseur de la société. Une affaire judiciaire en cours La famille s’est constituée partie civile et a porté plainte contre Fox Fort Security. Dans sa déposition, elle évoque «non-assistance à personne en danger» ainsi que «déplacement d’un corps du lieu de travail vers une direction inconnue, sans constat judiciaire et médical». Ce drame met en lumière les conditions précaires de nombreux agents de sécurité privée au Gabon, souvent employés sans contrat formel. Il soulève également des questions sur la responsabilité des entreprises de gardiennage et sur le suivi judiciaire des affaires de violences survenues dans le cadre professionnel.