Plan Mattei : Qu’est-ce que le Gabon y gagne ?
2026-03-10 - 12:36
À la faveur de l’annonce, le 5 mars 2026, de la volonté de la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, d’inclure le Gabon dans le Plan Mattei, l’ambassadeur d’Italie à Libreville, Stefano Moscatelli, estime que cette initiative pourrait ouvrir une nouvelle phase de coopération entre les deux pays. Dans un entretien accordé au quotidien L’Union, le diplomate met en avant les perspectives d’investissements, de transfert de compétences et de développement de projets structurants au profit du Gabon. L’ambassadeur d’Italie au Gabon, Stefano Moscatelli. © L’Union/Sonapresse L’inclusion annoncée du Gabon dans le Plan Mattei pourrait constituer un tournant dans les relations entre Libreville et Rome. Selon l’ambassadeur d’Italie au Gabon, Stefano Moscatelli, cette initiative stratégique du gouvernement italien représente «une excellente opportunité de renforcer significativement la coopération entre l’Italie et le Gabon dans tous les domaines». Dans un entretien accordé au quotidien L’Union, le diplomate souligne que ce programme, lancé par Rome pour refonder ses relations avec l’Afrique, repose sur «le dialogue, les investissements et des projets concrets dans des secteurs clés du développement». À ce jour, précise-t-il, le Plan Mattei a déjà mobilisé 5,5 milliards d’euros et cible 18 pays africains. Des secteurs stratégiques ciblés Pour le Gabon, l’initiative pourrait se traduire par des partenariats dans plusieurs domaines jugés structurants. L’énergie figure en tête de liste, notamment grâce à l’expertise italienne dans ce secteur. «La transition énergétique, la valorisation des ressources naturelles et le développement de projets liés aux énergies renouvelables pourraient constituer des axes importants de collaboration», explique Stefano Moscatelli. D’autres secteurs sont également identifiés comme porteurs, notamment les infrastructures, les transports, la transformation agro-industrielle ou encore la gestion durable des ressources forestières et de la biodiversité, domaine dans lequel le Gabon occupe déjà une position importante sur le continent africain. Des relations bilatérales déjà solides L’ambassadeur rappelle que cette perspective s’inscrit dans un contexte de relations diplomatiques jugées solides entre les deux pays. «La coopération entre l’Italie et le Gabon repose sur d’excellentes relations bilatérales caractérisées par un dialogue politique régulier et des échanges économiques déjà établis», souligne-t-il. Ce dialogue a notamment été renforcé par la rencontre entre le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et la présidente du Conseil des ministres italien, Giorgia Meloni, à Rome, en novembre dernier, ainsi que par leurs échanges lors du Sommet Italie-Afrique tenu le 13 février à Addis-Abeba. Au-delà du dialogue politique, la présence d’entreprises italiennes et les échanges commerciaux contribuent déjà à la dynamique de coopération entre les deux pays. La formation comme levier central Pour Rome, l’un des axes majeurs de cette coopération réside dans la formation. «La formation est le véritable moteur du développement», affirme Stefano Moscatelli, estimant que la réussite des investissements passe par le renforcement des compétences locales. Dans cette perspective, l’Italie envisage de développer des formations professionnelles ciblées, en lien avec les besoins des entreprises italiennes et gabonaises, notamment dans la mécanique, l’agro-industrie et l’énergie. Des accords universitaires entre établissements italiens et gabonais existent déjà, tandis que certaines initiatives ont été engagées, à l’image de la formation organisée l’an dernier pour des magistrats gabonais sur la lutte contre la criminalité internationale. Développement et stabilité régionale Au-delà des enjeux économiques, Rome considère également le Plan Mattei comme un instrument contribuant à la stabilité régionale. Pour l’ambassadeur italien, «l’un des moteurs principaux de l’instabilité est le manque de perspectives, en particulier pour les jeunes». Dans cette logique, l’Italie entend combiner investissements économiques et coopération sécuritaire, notamment à travers des missions de formation, un appui à la lutte contre le terrorisme et une présence navale dans le Golfe de Guinée. «Nous croyons fermement que la stabilité passe par cette approche intégrée qui lie la lutte contre l’insécurité au développement», conclut Stefano Moscatelli. Si elle se concrétise, l’intégration du Gabon au Plan Mattei pourrait ainsi ouvrir de nouvelles perspectives de coopération économique, technologique et institutionnelle entre Libreville et Rome, tout en s’inscrivant dans une stratégie plus large de partenariat entre l’Italie et le continent africain.