Perenco, veilleur discret de la terre des hommes au Gabon
2026-03-29 - 20:11
Quelque part dans l’Ogooué-Maritime, des crocodiles à la peau orangée nagent dans l’obscurité de grottes que peu d’humains n’ont jamais vues. Pas loin, des carpes autochtones grandissent dans les eaux d’une lagune sauvage. Plus loin encore, des terres empoisonnées retrouvent, centimètre par centimètre, leur dignité première. Derrière ces trois histoires, une seule entreprise : Perenco Oil & Gas Gabon. Vue aérienne d’une partie de Batanga dans l’Ogooué-Maritime. Ici, à la surface, 2,45 milliards de francs CFA et des années de patience sont en train de rendre à la terre gabonaise ce qu’on lui avait pris. © POGG Il y a, dans le projet de hub des énergies que Perenco Oil & Gas Gabon (POGG) s’est fixé comme horizon, une dimension que les chiffres ne suffisent pas à raconter. Quelque chose qui dépasse les barils, les mégawatts et les milliards : une relation au territoire, aux hommes et au vivant, tissée patiemment depuis des années dans l’épaisseur végétale et lagunaire de l’Ogooué-Maritime. Trois récits en témoignent, qui ensemble dessinent le visage le plus inattendu de Perenco au Gabon. La lagune, l’élevage et le paradoxe gabonais Le Gabon est un paradoxe aquatique : 850 kilomètres de littoral, des lagunes parmi les plus riches d’Afrique centrale, et pourtant un pays importateur net de poisson, pour une facture annuelle dépassant 15,5 milliards de francs CFA. Les Gabonais sont pourtant les premiers consommateurs de poisson d’Afrique centrale, avec 40 kg par habitant et par an. Un peuple de l’eau, nourri par la mer des autres. C’est dans cette brèche que POGG s’est engouffré. Sur la lagune du Fernan Vaz, l’entreprise a développé la première ferme piscicole en élevage lagunaire du pays. On y élève quatre espèces autochtones, la carpe du Fernan Vaz en tête, sans vaccins, sans antibiotiques, sans probiotiques. L’objectif : 400 tonnes de poisson marchand par an d’ici 2030, accompagnées de 800 tonnes d’aliments piscicoles produits localement. Une chaîne de valeur pensée de bout en bout, du poisson frais au surgelé, qui forme les communautés riveraines à l’aquaculture et fait émerger une classe d’entrepreneurs locaux là où ne régnait que dépendance. La terre blessée, la terre soignée Sous les sols d’Etimboué, il y a une histoire que personne ne voit mais que les analyses chimiques racontent avec une précision implacable : celle de terres alourdies par des décennies de résidus pétroliers, certains laissés par POGG lui-même, d’autres hérités d’opérateurs qui sont partis sans réparer. Depuis fin 2021, l’entreprise a choisi de ne pas détourner le regard. Sur les sites de Batanga et d’Oba, un programme de traitement biologique des sols contaminés est en cours : des micro-organismes et des amendements organiques à base de sciures travaillent lentement, obstinément, à rendre à la terre ce qu’on lui a pris. Sur 70 000 m3 de sols initialement pollués, 50 000 m3 ont déjà retrouvé un taux de contamination inférieur aux normes internationales les plus strictes. Le tout pour 2,45 milliards de francs CFA consentis sans contrepartie médiatique, sans tambour ni trompette ; juste la conviction, rare dans ce secteur, qu’un opérateur est aussi comptable de ce qu’il laisse derrière lui. Les grottes, les crocodiles et le géo-archéologue Plus loin encore dans le mystère du territoire, à quelques encablures des installations industrielles de POGG, s’ouvrent les grottes d’Abanda et de Nganda : deux cavités souterraines que le temps a gardées secrètes et que la Fondation Liambissi, soutenue par POGG, s’attache désormais à révéler au monde. Le Dr Richard Oslisly, géo-archéologue spécialiste de la Préhistoire africaine, y mène des expéditions pluridisciplinaires aux allures de saga : exploration du patrimoine archéologique gabonais, protection des rarissimes crocodiles orangés qui peuplent ces abysses obscurs, et préservation des orchidées naturelles que la forêt y dissimule depuis des siècles. Nourrir les hommes, réparer la terre, garder vivant ce que le temps a protégé. Trois gestes que peu d’entreprises, pétrolières ou non, accomplissent simultanément. Perenco, lui, les mène de front, dans l’ombre et sans fanfare, comme si c’était simplement la moindre des choses.