Oyem : un nourrisson de 4 ans périt calciné dans un incendie au quartier Adjougou
2026-02-04 - 15:37
L’insécurité énergétique qui frappe le chef-lieu de la province du Woleu-Ntem vient de virer au drame. Dans la nuit du lundi 2 au mardi 3 février, un violent incendie a réduit en cendres une habitation au quartier Adjougou, dans le 2e arrondissement. Le bilan est lourd : une fillette de 4 ans a perdu la vie, tandis que deux autres personnes s’en tirent avec des blessures. Ce qui reste de l’habitation après le passage du feu. © GabonReview Le réveil a été brutal et douloureux pour les populations d’Adjougou. Une concession en matériaux périssables, comptant quatre chambres, a été la proie des flammes au milieu de la nuit. Derrière les décombres fumants, une tragédie humaine : le décès de la petite Christina Obone, âgée de seulement 4 ans. L’incendie a également fait deux blessés, Joanne Mengue Mba, tante de la défunte, et sa fille Elyse Nseghe Benga, alors que deux autres occupants ont pu être extraits in extremis du brasier. Selon les premières constatations du procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Oyem, Raphaël Mangouka s’appuyant sur les éléments d’enquête de la brigade centre de gendarmerie la fatalité aurait pour origine une simple bougie. La SEEG au banc des accusés Si la bougie est l’élément déclencheur, pour les riverains, le véritable coupable est tout désigné : la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Le quartier Adjougou était en effet privé d’électricité depuis près de trois jours, une situation devenue la norme à Oyem où les délestages intempestifs dictent la loi depuis plus de trois mois. Privée de courant, la famille n’avait d’autre choix que de recourir aux bougies pour s’éclairer et veiller sur les enfants. Le feu se serait déclaré dans la chambre où dormaient profondément les plus jeunes. En quelques minutes, la structure légère de la maison a été dévorée par les flammes, un embrasement accéléré par l’explosion d’une bouteille de gaz domestique. L’héroïsme d’une mère et l’impuissance des secours Dans le chaos, Joanne Mengue Mba, maîtresse des lieux, a fait preuve d’une bravoure singulière. Face au mur de feu qui emprisonnait sa progéniture, elle est parvenue à extirper deux de ses enfants des flammes, tandis que l’aîné réussissait à se sauver par ses propres moyens. Malheureusement, la petite Christina Obone, piégée dans un recoin de la demeure, n’a pas eu cette chance. Elle a été littéralement consumée. À leur arrivée, les sapeurs-pompiers n’ont pu que constater l’ampleur du désastre, ramassant « à la pelle » les restes de la victime. Une intervention rendue d’autant plus difficile par l’absence de voies d’accès carrossables dans cette zone sous-intégrée, empêchant les camions-citernes d’approcher le foyer de l’incendie à temps. Ce drame plonge le « Grand Nord » dans le deuil et ravive la colère des Oyemois. Dans les rues du chef-lieu provincial, l’indignation ne faiblit pas contre la SEEG, dont les manquements répétés viennent, cette fois, de coûter la vie à un innocent.