Nouveau code de la nationalité : La stupeur et les vives inquiétudes d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue (Tribune libre)
2026-03-27 - 19:32
Ali Akbar Onanga Y’Obegue, juriste et homme politique gabonais a publié une très longue tribune libre dans laquelle il exprime sa vive préoccupation et ses craintes suite au contenu du nouveau code de la nationalité gabonaise promulgué par ordonnance N°0004/PR/2026 qu’il juge liberticide et dangereux pour l’unité nationale. Lecture ! Le 25 mars 2026, le Journal Officiel de la République Gabonaise publiait, au numéro 108 bis, un nouveau Code de la Nationalité sous forme d’ordonnance n°0004/PR/2026, entièrement refondu, adopté sans débat national, sans soumettre le texte au Parlement pourtant élu depuis octobre 2025, en pleine intersession parlementaire, par voie d’ordonnance. Ce texte abroge l’ancien Code de la Nationalité régit par la loi n°37/98 du 20 juillet 1999, adoptée sous Omar Bongo après délibération de l’Assemblée nationale et du Sénat. Ce qui avait demandé plusieurs semaines de travail parlementaire a été effacé en une nuit de bureau. Mais au-delà de la méthode, c’est le contenu qui commande l’alarme. Car mis en regard de la loi qu’il abroge, ce nouveau Code ne modernise pas, il régresse. Il ne protège pas, il exclut. Il ne consolide pas l’unité nationale, il en forge les conditions de la fracture. I. LE CHOIX DU PASSAGE EN FORCE : POSSIBLE EN DROIT, ILLEGITIME EN DEMOCRATIE Il y a des moments dans la vie d’un État où le droit cesse d’être un simple outil de régulation pour devenir un acte de définition collective, et la nationalité est de ceux-là. Elle n’est pas une matière administrative, elle est le socle du corps politique. Elle dit qui est citoyen, qui ne l’est pas, et selon quels critères. C’est précisément pour cette raison que, dans toutes les démocraties dignes de ce nom, la réforme du Code de la nationalité est toujours un moment de débat national car elle engage la souveraineté du peuple. Elle suppose une délibération parlementaire, une confrontation d’idées, un éclairage public. Au Gabon, ce moment a été évité.