Makokou : des tenanciers de snack-bars dénoncent un racket policier malgré leurs autorisations officielles
2026-03-24 - 12:42
À Makokou, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, des propriétaires de snack-bars sont montés au créneau. Bien que détenteurs d’autorisations officielles leur permettant d’exercer jusqu’à deux heures du matin, plusieurs d’entre eux accusent des éléments du commissariat de ville de pressions répétées et de paiements exigés en dehors de tout cadre légal. Des agents du commissariat de Makokou accusés d’effectuer régulièrement des descentes jugées abusives dans les snack-bars de la ville. © D.R. Dans la commune de Makokou, notamment dans les quartiers Mbolo, Zoatab ainsi que dans le centre-ville, 1er et 2e arrondissements, des tenanciers de snack-bars affirment exercer leurs activités en toute légalité. À l’appui de leurs déclarations, un document officiel délivré par le ministère de l’Intérieur les autorise à maintenir leurs établissements ouverts jusqu’à deux heures du matin, sous réserve du respect des normes d’hygiène et de salubrité. Cette décision administrative, signée et cachetée, constitue une base réglementaire claire, comme l’a rapporté la presse judiciaire le 23 mars 2026. Mais malgré ce cadre légal, plusieurs exploitants dénoncent des descentes jugées abusives d’agents du commissariat de ville de Makokou. Ces interventions, souvent justifiées par la lutte contre les nuisances sonores après 22 heures, s’accompagnent selon eux d’intimidations, de confiscations de matériel et surtout d’exigences de paiements immédiats. Les sommes réclamées varieraient entre «30 000 et 40 000 FCFA», sans délivrance de reçu ni procédure administrative formelle. Une situation qui soulève des interrogations sur la légalité de ces pratiques. Une pression économique croissante Pour ces entrepreneurs, dont plusieurs sont gabonais et régulièrement établis, ces prélèvements répétés représentent une charge financière lourde. Certains évoquent une pression quasi quotidienne qui fragilise des activités déjà exposées à de nombreuses contraintes. Plus préoccupant encore, ces fonds ne seraient pas reversés au Trésor public, mais directement perçus par les agents incriminés, transformant ainsi des opérations de contrôle en un système assimilé à du racket. Toujours selon la presse judiciaire, l’argument mis en cause est celui de nuisance sonore. Cependant, les tenanciers contestent ces accusations. Ils assurent que leurs installations respectent des niveaux sonores modérés, sans impact significatif sur le voisinage. Dans ce contexte, l’argument sécuritaire avancé lors des descentes apparaît, à leurs yeux, en contradiction avec les autorisations délivrées par les autorités compétentes. Face à cette situation, une interrogation persiste : comment des opérateurs économiques en règle peuvent-ils faire l’objet de telles pratiques de la part des forces chargées de faire respecter la loi ? Les exploitants appellent à une intervention des autorités afin de mettre fin à ces dérives, rétablir le respect des textes en vigueur et garantir un environnement sécurisé pour leurs activités. Thécia Nyomba