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Libreville : une tentative d’incendie au greffe civil du TPI déclenche l’émoi judiciaire

2026-03-02 - 10:06

Le 25 février dernier, une femme a tenté d’incendier le greffe civil du Tribunal de première instance (TPI) de Libreville après avoir aspergé les lieux de pétrole. Rapidement maîtrisée par des agents du parquet, elle a été interpellée puis remise en liberté, une décision qui suscite l’indignation du Syndicat national des greffiers (Synagref). Me Christ Ghislain Ndong, président du Synagref, évoque un «scandale pénal» et alerte sur les risques encourus quotidiennement par les personnels judiciaires au Gabon. © L’Union/GabonReview (montage) Une tentative d’incendie s’est produite au greffe civil du Tribunal de première instance (TPI) de Libreville. Selon des témoignages concordants, une femme s’est introduite dans les locaux munie d’un allume-gaz et de carburant qu’elle aurait répandu à l’intérieur, alors que des agents s’y trouvaient encore en service. L’acte n’a pas été mené à son terme grâce à l’intervention rapide d’agents du parquet de la République présents sur place, qui sont parvenus à neutraliser l’intéressée avant tout embrasement. Aucun blessé n’a été enregistré, mais l’incident a provoqué une vive frayeur au sein du personnel judiciaire. D’après des sources judiciaires, la suspecte aurait agi après la disparition de son dossier foncier, qu’elle affirme introuvable depuis 2022. Une altercation avec des agents aurait précédé son passage à l’acte, laissant penser à une réaction impulsive dirigée contre l’administration judiciaire. Sur le plan pénal, les faits pourraient être qualifiés de tentative d’incendie volontaire et, au regard de la présence d’agents dans les bureaux, d’infractions criminelles en cas de mise en danger des personnes. Dans un contexte de flagrance, la procédure permet théoriquement au parquet d’engager immédiatement des poursuites et d’envisager des mesures privatives de liberté. Inquiétude et colère des greffiers La mise en liberté de la suspecte, intervenue peu après son interpellation, a toutefois suscité incompréhension et inquiétude au sein du personnel du tribunal. Réuni en assemblée générale au Palais de justice, le Syndicat national des greffiers (Synagref) a observé un mouvement d’humeur de trois jours pour protester contre cette décision. Les greffiers dénoncent notamment l’absence de soutien institutionnel et s’interrogent sur la réponse pénale apportée à un acte jugé grave. Le syndicat estime que l’incident met en évidence l’insécurité croissante dans les juridictions et pointe le silence du parquet quant aux suites judiciaires envisagées. Ses responsables évoquent un «scandale pénal» et alertent sur les risques encourus quotidiennement par les personnels judiciaires. Au-delà du cas individuel, les greffiers demandent des mesures concrètes de protection des agents publics et une clarification rapide de la position du ministère public. Pour eux, la gestion de cette affaire pose la question de la célérité et de la fermeté de la réponse pénale, ainsi que du respect du principe de protection des agents de l’État dans l’exercice de leurs fonctions. L’enquête se poursuit afin de déterminer précisément les circonstances et les responsabilités dans cette tentative d’incendie qui a failli provoquer un sinistre majeur au cœur de la principale juridiction de la capitale.

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