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Libreville : le Capal, une vitrine halieutique pénalisée par ses propres voies d’accès

2026-03-01 - 17:56

À deux pas du bras de mer qu’est l’Estuaire du Komo, le Centre d’appui à la pêche artisanale de Libreville rayonne comme un symbole des ambitions halieutiques nationales. Mais une réalité têtue en sape chaque jour le potentiel : une voirie en décrépitude avancée, qui transforme l’accès au site en véritable épreuve. La route pour le Capal complètement désastreuse. © GabonReview Il est des paradoxes qui résument, à eux seuls, les contradictions d’une gouvernance publique. Le Capal en offre une illustration saisissante. Conçu comme levier stratégique au service de la pêche artisanale et de la sécurité alimentaire, le complexe s’est imposé comme un maillon structurant de l’économie halieutique du pays. Pourtant, pour y accéder, usagers et transporteurs doivent s’aventurer sur une voie creusée de nids-de-poule, régulièrement submergée par des eaux stagnantes qui transforment la chaussée en bourbier. Une indignité que les habitués du site ne supportent plus. Route pour accéder au Capal et même dans l’enceinte. ©GabonReview Sur le débarcadère, pourtant, la vie pulse. Les étals débordent de prises fraîches, les bouillons de poisson à 2 000 FCFA attirent une clientèle fidèle, et le centre joue pleinement son rôle d’interface entre pêcheurs artisanaux et consommateurs. Mais cette vitalité se heurte à un obstacle que nul investissement dans les infrastructures du site n’a su anticiper : l’accès lui-même. Taxis et bus hésitent désormais à desservir la zone, redoutant pannes et coûts de réparation. Certains conducteurs refusent la course. La frustration des usagers est à vif. «Comment allons-nous faire pour venir ici nous procurer du poisson frais ? On nous a déjà promis une dotation comme celle-ci. Doit-on encore réclamer la route», s’insurge un client rencontré sur place. Une urgence qui ne souffre plus de temporisation La question de fond est simple : comment investir dans une infrastructure moderne sans garantir les conditions élémentaires de son accessibilité ? Un équipement stratégique privé de voie d’accès fonctionnelle est un équipement condamné à sous-performer. Pour les commerçantes dont les revenus dépendent du flux quotidien de clients, pour les pêcheurs qui y trouvent un débouché structuré, la dégradation de la route n’est pas un désagrément mineur, c’est une menace directe sur leur gagne-pain. Reprofilage, bitumage, drainage des eaux pluviales : les interventions requises ne relèvent pas de l’ingénierie pharaonique. Elles constituent une nécessité opérationnelle. Pour les usagers du Capal, la question touche désormais à la cohérence entre l’ambition de l’investissement public et sa traduction fonctionnelle sur le terrain, un test de crédibilité que les autorités compétentes ne peuvent plus se permettre de différer. Thécia Nyomba

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