Île Mbanié : l’Union africaine nomme un Envoyé spécial pour le Gabon et la Guinée équatoriale
2026-03-26 - 08:41
L’Union africaine a désigné mercredi un envoyé spécial pour faciliter la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour internationale de justice (CIJ) attribuant à la Guinée équatoriale la souveraineté sur les îles Mbanié, Conga et Cocoteros. Cette initiative vise à encadrer un règlement concerté et apaisé du différend frontalier avec le Gabon. Albert Shingiro (à gauche) et le président de la Commission de l’Union africaine. © UA Il s’agit, explique-t-on, d’une nomination pour encadrer l’après-verdict prononcé 10 mois plus tôt. Le 25 mars 2026, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a nommé Albert Shingiro en qualité d’Envoyé spécial. Sa mission : accompagner le Gabon et la Guinée équatoriale dans la mise en œuvre de l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de justice relatif au différend frontalier opposant les deux pays depuis plusieurs décennies. Selon le communiqué officiel, cette désignation vise à «faciliter un consensus sur les modalités d’application de l’arrêt», dans le respect du droit international et des principes de l’Union africaine. Un différend tranché en faveur de Malabo Le contentieux portait sur la souveraineté des îles Mbanié, Conga et Cocoteros, situées dans une zone stratégique du golfe de Guinée. Dans sa décision, la CIJ a reconnu la souveraineté de la Guinée équatoriale, en s’appuyant sur les titres hérités de la colonisation espagnole avant l’indépendance de 1968. Les arguments du Gabon, fondés notamment sur un traité de 1974, ont été rejetés par la juridiction internationale, mettant juridiquement fin à plusieurs décennies de tensions latentes entre les deux États frontaliers. Vers une mise en œuvre «concertée et apaisée» Malgré une décision défavorable, Libreville a affiché, avec Malabo, sa volonté de privilégier une approche pacifique. Cette orientation a été réaffirmée lors d’une réunion quadripartite tenue le 14 février 2026 sous l’égide de l’Union africaine. Les deux pays y ont exprimé leur engagement en faveur d’une application concertée de la décision, évitant toute escalade dans une région sensible sur les plans géopolitique et énergétique. L’Union africaine en médiateur En nommant un envoyé spécial, l’Union africaine entend jouer un rôle actif de facilitation. L’organisation panafricaine insiste sur son attachement au règlement pacifique des différends et à la promotion de «solutions africaines» fondées sur le droit. Dans ce cadre, Albert Shingiro devra mener des consultations bilatérales avec les autorités gabonaises et équato-guinéennes afin d’aboutir à un accord sur les modalités pratiques de mise en œuvre de l’arrêt. Le président de la Commission a d’ailleurs exprimé sa «pleine confiance» dans l’expérience et les compétences du diplomate burundais pour contribuer à une issue stable et durable. Un test pour la stabilité régionale Au-delà de l’aspect juridique, la mise en œuvre de cette décision constitue un test pour la capacité des deux États à préserver leurs relations de bon voisinage. Elle engage également la crédibilité des mécanismes africains de prévention et de résolution des conflits. L’enjeu est désormais clair : transformer un contentieux historique en opportunité de coopération, sous l’œil attentif de l’Union africaine.