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La Société financière internationale inaugure son bureau à Libreville

2026-03-05 - 08:55

La Société financière internationale (IFC), bras armé du secteur privé du Groupe de la Banque mondiale, a officiellement inauguré mercredi 4 mars 2026 son nouveau bureau à Libreville, installé à l’Immeuble AGL. La cérémonie, organisée en présence du vice-président du gouvernement Hugues Alexandre Barro Chambrier, de la ministre de la Planification et de la Prospective Louise Pierrette Mvono et de la directrice régionale Afrique centrale et Nigéria de l’IFC Dahlia Khalifa, marque une étape stratégique dans le renforcement du partenariat entre l’institution financière internationale et le Gabon. Plus qu’une simple ouverture de bureau, l’installation officielle de l’IFC à Libreville symbolise la volonté de l’institution de consolider sa présence locale et d’accélérer la mise en œuvre de projets structurants portés par le secteur privé. Pour Dahlia Khalifa, directrice régionale Afrique centrale et Nigéria de l’IFC, cette implantation traduit un engagement durable envers l’économie gabonaise. « Ce n’est pas seulement l’ouverture d’un bureau. C’est une étape stratégique pour approfondir notre engagement et accélérer notre action au Gabon », a-t-elle déclaré, rappelant que l’IFC n’est pas une banque classique. « ‘En tant que banque de développement, nous ne faisons pas que prêter de l’argent : nous investissons en capital, nous renforçons les capacités et nous accompagnons les entreprises sur le long terme. Nous sommes un partenaire pour la vie », a-t-elle ajouté. L’objectif affiché est de mobiliser davantage de capitaux privés, de structurer des investissements complexes et de soutenir une croissance tirée par l’entreprise, moteur essentiel de création d’emplois. Du côté des autorités gabonaises, cette nouvelle implantation est perçue comme un levier majeur pour accompagner la transformation économique du pays. La ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, a souligné que cette dynamique s’inscrit pleinement dans le plan national de croissance et de développement 2026-2030, cadre stratégique destiné à accélérer la diversification de l’économie. « L’ouverture de ce bureau permettra également de renforcer la coordination entre la SFI et les autres institutions du Groupe de la Banque mondiale dans une approche intégrée du One World Bank Group », a-t-elle indiqué. Pour la membre du gouvernement, la mobilisation d’investissements privés et l’accompagnement des entreprises sont essentiels pour transformer les ambitions économiques en réalités concrètes pour les populations. Elle a également insisté sur la nécessité d’un développement équilibré sur l’ensemble du territoire national, afin que les projets soutenus bénéficient aussi bien aux centres urbains qu’aux zones rurales, « Le développement doit bénéficier à l’ensemble du territoire national et donc de toutes les populations, quels que soient leurs lieux de résidence » . À ce jour, le portefeuille d’engagements de l’IFC au Gabon est estimé à environ 117 millions de dollars, investis notamment dans les secteurs de l’énergie, de la logistique et de l’accès au numérique, considérés comme des piliers essentiels pour améliorer la compétitivité économique du pays. Mais l’institution voit plus grand. Un pipeline potentiel évalué à près de 400 millions de dollars est déjà à l’étude, ciblant des domaines stratégiques tels que l’énergie, l’agriculture à forte valeur ajoutée, la microfinance et les infrastructures de transport. Pour Dahlia Khalifa, ces investissements doivent contribuer à lever les contraintes structurelles qui freinent encore la croissance, notamment la fiabilité énergétique et les défis logistiques. « L’énergie est le socle de toute transformation économique. Sans une infrastructure fiable et performante, il ne peut y avoir ni industrialisation ni création massive d’emplois », a-t-elle insisté. Avec ses ressources naturelles, sa position géographique et les réformes engagées, le Gabon dispose, selon l’IFC, des atouts nécessaires pour bâtir une économie plus diversifiée et compétitive, à condition de transformer ce potentiel en investissements concrets générateurs de richesse et d’emplois durables. « L’agriculture est l’un des plus grands créateurs d’emplois au monde. Pour le Gabon, l’enjeu est clair : assurer sa sécurité alimentaire en misant sur les filières où il peut bâtir un véritable avantage comparatif », rappelle-t-elle. Membre du Groupe de la Banque mondiale, la Société financière internationale (IFC) est la principale institution de développement dédiée au financement du secteur privé dans les pays émergents. Présente dans plus de 100 pays, elle mobilise des capitaux, apporte une expertise technique et structure des investissements pour soutenir la croissance économique et la création d’emplois. Au cours de l’exercice 2025, l’institution a engagé un montant record de 71,7 milliards de dollars en faveur d’entreprises et d’institutions financières dans les pays en développement. La direction régionale pour l’Afrique centrale et le Nigeria est assurée par Dahlia Khalifa depuis novembre 2022. Basée à Lagos, cette spécialiste de la finance et de l’investissement a rejoint le Groupe de la Banque mondiale en 2004 après une carrière dans la banque d’investissement et le conseil. Elle est titulaire d’un doctorat en administration publique et d’un master en droit international de l’université de Georgetown, ainsi que de diplômes en économie de l’Université américaine du Caire. Nkili Akieme

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