Justice des mineurs : Port-Gentil accueillera la première Maison d’arrêt et de réinsertion pour enfants
2026-03-06 - 12:15
Au Gabon, la réforme du système judiciaire s’apprête à connaitre une nouvelle avancée avec l’ouverture prochaine, à Port-Gentil, de la première Maison d’arrêt et de réinsertion dédiée aux mineurs. Saluée par plusieurs acteurs du monde juridique, dont l’avocat Me Anges Kevin Nzigou, cette infrastructure vise à offrir aux enfants en conflit avec la loi un cadre adapté, orienté vers l’accompagnement et la réinsertion. L’entrée de la prison centrale de Port-Gentil. © D.R. Dans quelques semaines, la ville de Port-Gentil abritera la première Maison d’arrêt et de réinsertion des enfants du Gabon. Cette structure, dédiée aux mineurs en conflit avec la loi, marque une évolution significative dans l’approche du pays en matière de justice juvénile. L’initiative vise à proposer un cadre spécifique pour la prise en charge des jeunes concernés par des procédures judiciaires. Contrairement aux dispositifs traditionnels, souvent conçus pour les adultes, cette nouvelle structure met l’accent sur l’accompagnement éducatif, l’encadrement psychosocial et la formation, avec pour objectif principal la réinsertion sociale. Une approche centrée sur la réinsertion Pour l’avocat Anges Kevin Nzigou, cette réalisation constitue une avancée notable dans la protection des droits de l’enfant et dans la modernisation du système judiciaire gabonais. Dans une publication récente, il souligne l’importance d’offrir aux mineurs un environnement adapté, privilégiant la reconstruction personnelle plutôt que la stigmatisation. Selon lui, ce type d’infrastructure permet de replacer l’éducation et l’accompagnement au cœur de la réponse judiciaire. L’enjeu est d’éviter que les jeunes concernés ne basculent durablement dans la marginalisation, en leur offrant des perspectives de réinsertion à travers la formation et le suivi socio-éducatif. Au-delà de l’infrastructure elle-même, Me Nzigou insiste également sur la nécessité d’une mobilisation collective pour garantir le succès de cette initiative. La réussite du processus de réinsertion, rappelle-t-il, dépendra autant de l’action des institutions que de l’implication des éducateurs, des familles et de la société civile. L’ouverture de cette Maison d’arrêt et de réinsertion pour enfants s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large de réforme de la justice des mineurs au Gabon, avec l’ambition de promouvoir une approche plus humaine et davantage orientée vers l’avenir des jeunes concernés.