Insécurité scolaire : le gouvernement enclenche une riposte interministérielle contre la drogue et les violences
2026-03-17 - 15:21
Réuni en commission interministérielle le 16 mars 2026, le gouvernement affiche sa détermination à endiguer l’insécurité en milieu scolaire, exacerbée par la circulation de drogues et les violences entre élèves. À la suite du drame survenu au lycée national Léon Mba de Libreville, les autorités annoncent des mesures renforcées et une nouvelle approche coordonnée. La ministre d’Etat à l’Education nationale face aux élèves, en février 2026, à Libreville. © D.R. Face à la recrudescence des violences et des drames dans les établissements scolaires, le gouvernement a décidé de passer à une vitesse supérieure. Lundi 16 mars 2026, plusieurs membres de l’exécutif — notamment la ministre d’État à l’Éducation, ses homologues de l’Intérieur et des Affaires sociales, ainsi que des représentants de la Défense — se sont réunis pour définir une stratégie commune. Objectif : éradiquer durablement l’insécurité scolaire, dont les causes profondes incluent, selon les autorités, la consommation de drogues et l’indiscipline croissante. Cette première commission interministérielle marque un changement de méthode, privilégiant une approche coordonnée entre les différents services de l’État. « Nous savons très bien qu’à l’origine, lorsque les investigations sont faites par les officiers de police judiciaire, on s’aperçoit qu’il y a un problème de drogue derrière », a indiqué le ministre Adrien Nguema Mba. Il évoque une réflexion en cours sur les racines du phénomène, entre défaillances familiales et dynamique globale : «Est-ce que c’est la délinquance des familles ? Est-ce un laisser-aller au niveau des familles ? Ou est-ce un phénomène aujourd’hui pratiquement mondial ?» Le ministre Adrien Nguema Mba face à la presse à l’issue de la rencontre. © Capture d’écran/Gabon 1ère Dans cette optique, les autorités entendent durcir leur dispositif sécuritaire, en renforçant notamment le rôle de la police scolaire et en mobilisant davantage les forces de défense. Le ministre de l’Intérieur a ainsi annoncé des «mesures draconiennes», certaines restant volontairement confidentielles pour ne pas compromettre leur efficacité : «Il y a une partie visible et une autre que l’on ne peut pas dévoiler, au risque d’alerter les trafiquants de drogue.» Au-delà du volet sécuritaire, le gouvernement mise également sur une meilleure coordination avec les acteurs sociaux. La ministre des Affaires sociales, Dr Armande Longo épouse Moulengui, a déploré le manque de collaboration au sein des établissements : «Les responsables d’établissement ne coopèrent pas avec les travailleurs sociaux, alors qu’ils ont un rôle bien défini à jouer.» Elle appelle à une mobilisation collective pour enrayer un phénomène désormais qualifié de «fléau national». Les travaux de cette commission devraient déboucher sur un chronogramme d’actions précis, avec l’ambition affichée de produire des résultats concrets sur le terrain. Pour l’exécutif, il s’agit désormais de traduire cette volonté politique en mesures opérationnelles capables de restaurer durablement la sécurité dans les écoles.