TheGabonTime

Il vole du cannabis au tribunal, en pleine cérémonie de prestation de serment

2026-03-15 - 18:36

Il était venu brancher des câbles. Il repart en garde à vue. Samedi 14 mars, Gaël, agent à la main-d’œuvre non permanente rattaché à la Cour de cassation, a été interpellé en flagrant délit au sein même du Tribunal de première instance de Libreville, pour vol de cannabis saisi dans le cadre de procédures judiciaires en cours. Aperçu du mis en cause. © Capture d’écran /Gabon 1ere Le paradoxe de la scène tient à son décor. Ce jour-là, les couloirs du tribunal résonnaient de l’effervescence d’une cérémonie officielle : la prestation de serment des nouveaux agents de l’Agence d’investigation financière (AIF). Gaël y avait été mandaté comme technicien sonorisateur, une mission discrète, un rôle subalterne. Mais l’agitation ambiante allait lui tenir lieu d’opportunité. Profitant de la mobilisation générale, il se glisse dans la salle des scellés et s’empare de stupéfiants placés sous protection judiciaire. Il est pris sur le fait. Confronté aux autorités, il n’oppose aucune résistance. Son explication, en revanche, déconcerte : il affirme avoir été attiré par l’odeur du produit. «J’ai été attiré par l’odeur», aurait-il déclaré, aveu d’impulsivité plus que confession d’un acte prémédité, mais aveu tout de même. Il dit regretter son geste. Les regrets, en matière pénale, pèsent rarement plus lourd que les faits. Placé en garde à vue à la Brigade de police judiciaire, Gaël devrait être déféré au parquet dès lundi. Mais l’affaire, au-delà de son protagoniste, pose une question qui dérange : comment un prestataire extérieur a-t-il pu accéder, sans entrave, à une salle des scellés d’une juridiction en pleine activité ? Une faille sécuritaire béante, au cœur même du temple de la justice, qui appelle des réponses autrement plus sérieuses que celles fournies par Gaël. Thécia Nyomba

Share this post: