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Guerre au Moyen-Orient : 36 Gabonais rapatriés, près de 800 concernés par le risque

2026-03-23 - 10:12

Trente-six ressortissants gabonais ont été rapatriés dimanche à Libreville après avoir été bloqués à Dubaï en raison du conflit en cours dans le Golfe. Alors que les autorités recensent environ 800 Gabonais dans la région, plusieurs centaines restent encore exposés à l’insécurité, dont certains installés depuis des années sur place. La ministre des Affaires étrangères, Marie-Edith Tassyla-Ye Doumbeneny, les exhorte à regagner d’abord le Gabon pour rassurer leurs familles. Quelques-uns des 36 Gabonais à l’aéroport de Libreville. © Capture d’écran/TV5Monde Un premier groupe de 36 Gabonais a regagné Libreville le dimanche 22 mars 2026 à la mi-journée, à bord d’un vol spécial affrété par l’État. Ces ressortissants étaient bloqués à Dubaï, aux Émirats arabes unis, depuis le déclenchement de la guerre dans le Golfe, illustrant la vulnérabilité d’une communauté estimée à environ 800 personnes dans la région. En effet, selon les autorités consulaires, 800 Gabonais vivaient principalement à Dubaï avant le conflit. À ce stade, seuls 36 ont été officiellement rapatriés par le gouvernement, tandis que d’autres ont quitté la zone par leurs propres moyens, laissant plusieurs centaines encore sur place dans un contexte sécuritaire incertain. Un rapatriement complexe et sous tension Le retour de ces compatriotes s’est effectué au terme d’un parcours logistique contraint par la dégradation de la situation sécuritaire. L’aéroport de Dubaï étant jugé risqué, les ressortissants ont été transférés par voie terrestre vers Sharjah, d’où ils ont embarqué sur un vol d’Ethiopian Airlines à destination d’Addis-Abeba, avant de rejoindre Libreville après une nuit de transit. À leur arrivée à l’aéroport international Léon-Mba, ils ont été accueillis par la ministre des Affaires étrangères, venue constater l’aboutissement de cette opération d’évacuation. Des témoignages marqués par la peur Les récits des rapatriés traduisent l’intensité de la situation vécue sur place. «J’ai eu peur de perdre ma vie, très sincèrement», confie Bertille Andeme, évoquant des bombardements nocturnes à proximité de son lieu de résidence. La puissance des explosions, même interceptées, menaçait de détruire son immeuble situé près de l’aéroport, assure-t-elle. Même climat d’angoisse pour Wilfried Mayaka, présent dans la région pour un séjour touristique : «Nous recevions tous les jours, quasiment toutes les heures, un message d’alerte qui nous demandait d’aller nous réfugier. On a vu des missiles tirés dans le ciel, des choses qu’on n’avait jamais vues au Gabon.» Plusieurs centaines de Gabonais encore sur place Malgré cette première opération, la majorité des ressortissants gabonais reste exposée. Si certains refusent de quitter le pays où ils sont installés, les autorités multiplient les appels à la prudence. «Il y en a qui sont bien installés et qui, peut-être, ne souhaitent pas rentrer, mais l’idéal serait qu’ils viennent d’abord au Gabon», a déclaré la ministre des Affaires étrangères. «Le conflit va de plus en plus loin. On ne sait pas à quel moment il va s’arrêter. Il est mieux pour vous de revenir d’abord au Gabon afin de rassurer vos familles», a insisté Marie-Edith Tassyla-Ye Doumbeneny. Dans un contexte d’escalade militaire, Libreville pourrait être amené à intensifier ses opérations de rapatriement pour sécuriser ses ressortissants encore présents dans la zone, dont le nombre reste largement supérieur à celui des premiers évacués.

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