Gabon-USA : trois ministres à Washington pour séduire les capitaux américains
2026-03-10 - 17:16
Selon The Africa Report, média panafricain anglophone généralement reconnu pour son sérieux et sa crédibilité, une délégation ministérielle gabonaise est attendue cette semaine à Washington pour une offensive diplomatique et économique de trois jours. De gauche à droite : Thierry Minko, Philippe Tonangoye et Clotaire Kondja. Trois noms, trois portefeuilles, une seule direction : ramener de Washington les capitaux dont Libreville a besoin. © GabonReview Philippe Tonangoye, ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Clotaire Kondja, ministre du Pétrole et du Gaz, et Thierry Minko, ministre de l’Économie et des Finances, ont conjointement pris la direction de la capitale fédérale américaine avec un agenda chargé et une ambition sans détour : faire du secteur énergétique gabonais (électricité, pétrole, gaz) le grand chantier des investisseurs américains. Combler le déficit, exploiter les réserves, bâtir les infrastructures de demain : telle est vraisemblablement la feuille de route que Libreville soumet à Washington. La mission s’inscrit dans un contexte diplomatique favorable, soigneusement cultivé par le président Oligui Nguema. Depuis sa prise du pouvoir en août 2023, renversant la dynastie Bongo adossée à Paris, le président gabonais a élaboré un pivot stratégique vers Washington. La présence de Massad Boulos, émissaire africain de Donald Trump, à son investiture civile de mai dernier, puis son invitation au déjeuner de travail à la Maison Blanche aux côtés de quatre autres chefs d’État africains, ont consacré cette nouvelle proximité. C’est sur ce capital diplomatique que la délégation s’apprête à faire fructifier ses démarches. Énergie, numérique et GNL au cœur des négociations Au programme de ces trois jours : des rencontres avec le Bureau des affaires africaines du Département d’État, la Société américaine de financement du développement international (DFC), la Banque Export-Import des États-Unis et Citibank, ainsi qu’un passage à la Chambre de commerce américaine pour une réunion consacrée aux infrastructures numériques, à l’énergie et au gaz naturel liquéfié. L’enjeu immédiat est de taille : combler un déficit de 220 MW dans le Grand Libreville en attirant des financements pour développer 200 MW de capacité de production électrique supplémentaire. En toile de fond, la société technologique américaine Cybastion, partenaire du gouvernement gabonais, présentera son projet de centre de données à intelligence artificielle à Libreville, adossé à une installation énergétique dédiée de 20 MW. Ces négociations interviennent alors que la dynamique commerciale entre les deux pays a pris une ampleur spectaculaire : les exportations gabonaises vers les États-Unis ont progressé de 251 % en un an, bondissant de 81 à plus de 490 millions de dollars entre 2024 et 2025, portées en grande partie par l’envolée des exportations de brut. Visiblement, Libreville frappe à la bonne porte, au bon moment.