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Gabon : Profidga 360, le pari inédit de la diaspora pour soutenir l’économie nationale

2026-03-18 - 12:32

Un collectif d’investisseurs gabonais de l’étranger s’apprête à lancer Profidga 360, premier fonds structuré porté par la diaspora. Une initiative présentée comme un tournant, alors que celle-ci était jusqu’ici critiquée pour son faible impact économique, à rebours des diasporas d’autres pays africains, à l’instar de celles du Nigeria, du Sénégal ou du Maroc. Les initiateurs de Profidga 360 reçus, le 2 mars 2026, par Alfred Nguia Banda, ambassadeur du Gabon en France. © PROFIDGA 360 Le 28 mars prochain à Paris est annoncé le lancement de Profidga 360 (Projet de fonds d’investissement de la diaspora gabonaise 360), premier véhicule financier structuré porté par sa diaspora gabonaise. D’après Jeune Afrique, ce projet vise à mobiliser des capitaux privés pour soutenir l’économie nationale, dans un contexte de forte pression sur les finances publiques. Porté par un collectif d’investisseurs et soutenu par les autorités gabonaises, le fonds doit être officiellement présenté en présence de la ministre de la Planification, Louise Pierrette Mvono. Il ambitionne, à terme, de s’imposer comme un outil durable de financement de projets structurants, marquant une rupture avec l’image d’une diaspora jusqu’ici jugée peu contributive au développement économique du pays. Une structuration progressive du fonds Le projet repose dans un premier temps sur la transformation de FCP Atlas, un fonds obligataire et monétaire géré par BGFIBourse, affichant un rendement de 5,5 % pour un actif de 119,4 milliards de francs CFA. L’objectif est ensuite de faire évoluer ce dispositif vers une société de gestion et d’intermédiation (SGI) enregistrée au sein de la Cemac, une première dans la sous-région pour un fonds issu de la diaspora. Pour y parvenir, les promoteurs doivent mobiliser au moins 300 millions de francs CFA. Le projet est piloté par Harold Ndong Mezui et Régis Eya’a, avec l’appui de partenaires financiers et juridiques, ainsi que celui de l’ambassade du Gabon en France. Une réponse à un contexte économique sous tension Cette initiative intervient alors que Libreville a sollicité un programme d’appui auprès du Fonds monétaire international (FMI). Selon Fitch Ratings, la dette publique gabonaise pourrait atteindre 85 % du PIB d’ici fin 2026, bien au-delà du seuil de 70 % fixé par la Cemac. Dans ce contexte, l’apport de financements alternatifs apparaît stratégique. Profidga 360 entend ainsi canaliser l’épargne de la diaspora vers des secteurs jugés prioritaires : immobilier, santé, technologies, éducation, énergie ou encore agriculture. Un modèle basé sur le co-investissement Le fonds prévoit de s’appuyer sur un mécanisme de co-investissement baptisé «Mbigoo Club». Accessible à partir de 250 euros, ce dispositif vise entre 3 000 et 5 000 membres d’ici la fin de l’année. Les investisseurs n’interviendront pas dans l’opérationnel, confié à des acteurs expérimentés, qu’ils soient locaux ou issus de la diaspora. Parmi les premiers projets envisagés figure un partenariat dans la production avicole avec l’entreprise BTF Farming, dans un secteur considéré comme stratégique pour la souveraineté alimentaire. Un test pour la crédibilité économique de la diaspora Au-delà de ses ambitions financières, Profidga 360 constitue un test pour la diaspora gabonaise. Longtemps critiquée pour son manque d’investissement productif dans son pays d’origine — contrairement à celles du Sénégal ou du Nigeria —, elle tente ici de démontrer sa capacité à structurer des projets d’envergure. Le succès de cette initiative dépendra toutefois de plusieurs facteurs, notamment la sécurisation des investissements, la simplification des démarches administratives et la confiance des souscripteurs. Autant de conditions nécessaires pour transformer cette première en levier durable de financement de l’économie gabonaise.

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