Gabon : piqués au vif, les magistrats haussent le ton et mettent en garde contre toute dérive
2026-03-17 - 12:13
Réuni en assemblée générale lundi à Libreville, le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) a pris acte des excuses formulées par Geoffroy Foumboula Libeka Makosso. Vexé par les propos tenus quelques jours plus tôt par le deuxième vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), l’organisation a mis en garde contre toute attaque visant l’institution judiciaire. Le président du Synamag (au centre) lors de sa déclaration, le 16 mars 2026. © Facebook/La presse judiciaire gabonaise Le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) a durci le ton. Réuni en assemblée générale le 16 mars 2026 au palais de justice de Libreville, le corps judiciaire a officiellement pris acte des excuses formulées par Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, deuxième vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), tout en adressant une mise en garde claire contre toute tentative de déstabilisation de la justice. Dans une déclaration ferme, le président du Synamag, Landry Abaga Essono, a dénoncé «l’arrogance débridée de certains commis de l’État» et prévenu que la patience des magistrats a désormais atteint ses limites. «Toute attaque contre l’institution judiciaire sera traitée avec la plus grande fermeté», a-t-il martelé, évoquant une atteinte grave aux fondements de l’État de droit. Tout en réaffirmant leur attachement à l’indépendance de la justice, les magistrats ont tenu à clarifier leur position : ils ne cautionnent aucun manquement en leur sein. «Le magistrat demeure justiciable comme tout citoyen», a rappelé le président du syndicat, soulignant qu’aucun membre du corps judiciaire n’est au-dessus de la loi. Le Synamag insiste toutefois sur un principe fondamental : toute accusation doit être solidement étayée. Les magistrats dénoncent notamment les propos jugés excessifs ou diffamatoires, rappelant que des accusations graves, comme celles portant sur la santé mentale, ne peuvent être avancées sans preuves «sérieuses et incontestables». Le syndicat prévient : toute nouvelle attaque contre la justice fera l’objet d’une réponse immédiate et rigoureuse. Un message clair qui traduit la volonté des magistrats de défendre l’intégrité de leur institution et de faire respecter l’autorité de la loi, sans exception.