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Gabon : Ndjolé, future capitale spirituelle et symbole d’un réveil africain à portée mondiale

2026-03-30 - 12:22

Portée par l’école spirituelle Elemiah et son leader Maître Basile Mvé Nkouna, porte-parole de la gardienne des eaux « Maman EO », la première caravane touristique de Ndjolé, organisée du 27 au 29 mars, a rassemblé plus de 80 pèlerins venus du Gabon, du Cameroun et du Togo, autour d’un programme mêlant conférence-débat, immersion spirituelle et visite de la grotte sacrée, sur fond d’affirmation d’une doctrine émergente : « l’ogoouéisme, la voie de Maman EO, c’est avec Elemiah». L’ensemble des pèlerins venus du Gabon, d’ailleurs et le maître Basile Mve Nkouna Pourquoi Ndjolé pourrait devenir une capitale spirituelle ? « 30 septembre 2018, l’entité s’est révélé à moi et le 6 mars 2025 initie le nouvel ordre spirituel », a déclaré Basile Mvé Nkouna. Dès l’entame de son propos, le maître Basile Mvé Nkouna plante le décor en inscrivant son intervention dans une dimension quasi prophétique. « Nous sommes réunis ici, pour une révélation », affirme-t-il, situant précisément ce moment au vendredi 27 mars 2026, devant les populations locales. Une date présentée comme un tournant, où Ndjolé cesse d’être une ville ordinaire pour devenir un point de convergence spirituelle. Dans sa démonstration, il établit une hiérarchie des capitales nationales : Libreville pour le politique, Port-Gentil pour l’économie, et désormais Ndjolé pour le spirituel. « La troisième capitale doit être Ndjolé. La capitale spirituelle du Gabon, de l’Afrique, de la planète Terre », martèle-t-il. Une vision qui dépasse les frontières nationales pour inscrire la localité dans une dynamique universelle. Pour lui, une capitale spirituelle n’est pas un simple symbole, mais « un lieu où s’exerce l’autorité de l’entité spirituelle tutélaire », enracinée dans ce qu’il appelle un « champ de force, une concentration d’énergie électromagnétique ». Autour de laquelle graviteraient d’autres espaces. Ainsi, Ndjolé serait le centre d’une énergie supérieure préexistante au Gabon lui-même, remettant en cause les constructions étatiques modernes au profit d’une lecture cosmique et ancestrale du territoire. « Maman EO » et « l’Ogoouisme » : une nouvelle doctrine spirituelle L’ogooué, la grotte sacrée où siège la divinité « Maman EO » Au cœur de cette pensée émerge une figure centrale : « Maman EO », présentée comme une entité spirituelle liée au fleuve Ogooué. « Le Dieu que nous connaissions déjà, c’est Maman EO qui est là dans le fleuve », affirme le maître spirituel, en rupture totale avec les religions révélées traditionnelles. Cette vision s’inscrit dans une doctrine qu’il désigne implicitement comme l’« ogoouisme », une spiritualité ancrée dans les éléments naturels. « Feu, air, eau, terre et la lumière. Voilà les manifestations de Dieu », explique-t-il, rejetant l’idée d’un Dieu anthropomorphe au profit d’un « conglomérat d’énergies ». Une approche qui mêle références scientifiques, cosmiques et traditionnelles. Dans cette logique, l’homme lui-même est défini comme un système énergétique : « Nous avons cinq corps: un corps physique, un corps qui respire, un corps qui pense, un corps qui ressent et un corps de conscience ». Une conception qui rapproche l’humain du cosmos et légitime, selon lui, la capacité des Africains à renouer avec une connaissance ancestrale perdue. Une rupture assumée avec l’Occident et les religions importées Les pèlerins en plein Rituel à Nzamata Le discours du maître Basile Mvé Nkouna se distingue également par une critique frontale de l’influence occidentale en Afrique. « On nous a menti. On nous a royalement menti », lance-t-il, accusant les religions importées d’avoir déconnecté les Africains de leurs réalités spirituelles. Selon lui, « les Occidentaux sont venus nous déraciner de nos divinités pour mieux nous dominer », établissant un lien direct entre domination spirituelle et domination matérielle. Il dénonce notamment une dépendance intellectuelle et religieuse qui empêcherait le continent de s’émanciper pleinement. Dans une formule percutante, il résume cette fracture : « Aussi longtemps que l’Africain sera déconnecté de sa spiritualité, il restera dominé ». Une déclaration qui s’inscrit dans une volonté de reconquête identitaire, où Ndjolé devient le symbole d’un retour aux sources et d’une souveraineté spirituelle revendiquée. Dans une rhétorique offensive, il oppose la richesse du continent à l’exode des populations : « On quitte la richesse pour aller demander ailleurs ». Pour lui, la reconnaissance de Ndjolé comme capitale spirituelle s’inscrit dans un processus de réappropriation, où l’Afrique redeviendrait maîtresse de son destin à partir de ses propres fondements culturels et énergétiques. Ville carrefour du Moyen-Ogooué, longtemps connue pour son histoire coloniale et son rôle de transit fluvial, et commercial, Ndjolé se retrouve aujourd’hui au cœur d’un projet aux ambitions inédites. La sortie du maître Basile Mvé Nkouna intervient dans un contexte où les questions identitaires, spirituelles et culturelles occupent une place croissante dans le débat public africain, entre quête de sens et volonté de réaffirmation des héritages endogènes. « Sur chaque nation, je placerai un esprit du ciel, et cet esprit du ciel, les Gabonais doivent le connaître. Il arrive un temps où la divinité céleste se révèle aux peuples dont elle est responsable. Et elle est responsable des minéraux, des végétaux, des animaux, des humains et des élémentaux de ce que vous avez appelé le Gabon. C’est un champ d’énergie qui irradie non seulement sur ce qu’on appelle le Gabon, mais aussi sur l’Afrique et le monde tout entier. Nous devons comprendre que le Gabon a un père fondateur et il s’appelle l’Ogooué. Ce ne sont ni les Africains ni les Européens qui ont créé cette grotte : il s’agit d’un champ d’énergie. L’entité qui s’y trouve est comparable à celle qui s’est révélée à Bouddha en Chine. Ici, à Ndjolé, se trouve le lieu le plus sacré du Gabon, de l’Afrique et du monde », a conclu le maître Basile Mvé Nkouna. Reste à savoir si cette vision, entre mysticisme, doctrine émergente et contestation de l’ordre établi, parviendra à dépasser le cadre local pour s’imposer comme un véritable courant de pensée à l’échelle continentale, voire mondiale. Nkili Akieme

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