Gabon : le RPM défend le pouvoir, critique l’opposition et charge Sylvia Bongo
2026-03-12 - 09:47
Le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) a, le 11 mars, plaidé pour un rétablissement rapide des réseaux sociaux, tout en critiquant vivement l’opposition et l’ancienne Première dame Sylvia Bongo, accusée de mener une stratégie de désinformation contre les autorités gabonaises. Instantané de la conférence de presse du 11 mars 2026 à Libreville. © D.R. Au cœur de la sortie du Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM), le 11 mars, trois sujets d’actualité : la suspension des réseaux sociaux, l’interview accordée le 6 mars à France 24 par l’ancienne Première dame Sylvia Bongo, ainsi que les récentes prises de position de l’opposition. Dans son analyse de la situation, le parti d’Alexandre Barro Chambrier a plaidé pour un retour rapide à la normale concernant les réseaux sociaux. Il estime que, dès que les dispositions législatives et réglementaires nécessaires seront adoptées, ces plateformes devraient reprendre «pleinement leur fonctionnement normal dans les délais les plus proches». Le parti souligne notamment l’impact économique et social majeur de ces outils de communication. Le RPM s’est toutefois montré particulièrement virulent à l’égard de Sylvia Bongo, dont l’intervention médiatique a suscité une vive réaction au sein de la majorité présidentielle. Pour le parti, la sortie de l’ancienne Première dame relève d’une «stratégie de désinformation» visant à jeter le discrédit sur les autorités gabonaises. Le RPM affirme qu’elle tente de se poser en victime alors qu’elle serait, impliquée dans plusieurs affaires. Il lui reproche également de ne pas avoir respecté son engagement de se présenter devant la justice gabonaise après sa libération provisoire en mai 2025. Charge frontale contre Sylvia, opposition dans le viseur «Sylvia Bongo gagnerait à se taire et à faire acte de contrition au lieu de jouer les vierges effarouchées», a lancé le RPM, qui estime que le pays est engagé sur la voie du redressement sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Au-delà de l’ancienne Première dame, le RPM a critiqué la posture de certains acteurs de l’opposition. Le parti évoque une «configuration surréaliste» présentée le 8 mars 2026, qu’il interprète comme une tentative de saturation de l’espace médiatique par un récit alternatif jugé déconnecté des réalités du pays. Le RPM pointe du doigt «certains acteurs de cette opposition circonstancielle» qui, selon lui, se distinguaient auparavant davantage par leur opportunisme que par leurs compétences au sein du régime déchu. Pour le parti, ces responsables politiques cherchent désormais à se présenter comme défenseurs des intérêts du peuple gabonais et comme une alternative crédible, malgré leur passé. «Les Gabonais n’ont pas la mémoire courte», rappelle le RPM, qui affirme qu’«un profito-situationniste ne saurait effacer des années de compromissions et de gestion catastrophique». Il dénonce des «accointances douteuses» avec certains acteurs rejetés par l’opinion après les événements d’août 2023, et réaffirme son soutien au président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’encourageant à poursuivre sa mission de redressement national, tout en appelant les Gabonais à rester vigilants face aux manœuvres politiques qu’il juge opportunistes.