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Gabon : le briefing de quatre ministres au corps diplomatique sur la suspension des réseaux sociaux

2026-03-19 - 17:32

Quatre membres du gouvernement gabonais (communication et des Médias, Affaires étrangères, Economie numérique et Santé) ont rencontré, le 19 mars, les représentants du corps diplomatique à Libreville. Objectif : expliquer la suspension provisoire des réseaux sociaux décidée par la Haute Autorité de la Communication (HAC). Cette décision, prise le 17 février dernier, vise, assure-t-on, à contrer la diffusion de contenus diffamatoires, haineux et nuisibles menaçant la cohésion sociale et la sécurité nationale. L’échange, marqué par un dialogue transparent, a permis de détailler les motivations. Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, s’adressant aux chefs des missions diplomatiques, des postes consulaires, le 19 mars 2026, à Libreville. © GabonReview Les ministres des Affaires étrangères, de la Communication et des Médias, de l’Économie numérique et de la Santé ont rencontré, le 19 mars, à Libreville, les chefs des missions diplomatiques, des postes consulaires et des organisations internationales. Il était question de justifier et d’expliquer la suspension provisoire des réseaux sociaux, décidée le 17 février par la Haute Autorité de la Communication (HAC). Une mesure qui vise à combattre la désinformation, les contenus haineux et diffamatoires menaçant la cohésion sociale et la sécurité nationale. «Cette décision n’a pas été prise à la légère» Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, à l’origine de cette initiative, a rappelé qu’Internet reste accessible, que des ordonnances encadrent les plateformes (signalement IA, référé numérique), et que la suspension est temporaire. Les échanges, transparents, ont été salués par les diplomates, notamment l’ambassadeur du Maroc, Abdellah Sbihi, vice-doyen du corps diplomatique. Pour l’entrée en matière, la cheffe de la diplomatie gabonaise, la ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doubeneny, a introduit les débats en soulignant la gravité de la mesure. «Cette décision n’a pas été prise à la légère. Elle est motivée par la nécessité de protéger la sécurité et la stabilité de notre pays, ainsi que de préserver la paix sociale», a-t-elle déclaré, précisant que les réseaux sociaux peuvent diffuser «des informations fausses et nuisibles qui peuvent perturber l’ordre public». Son collègue des Médias et de la Communication, Germain Biahodjow, a détaillé les raisons précises de cette suspension, survenue dans un contexte de «montée croissante des désordres informationnels» et de contenus portant atteinte à la dignité humaine et à la stabilité des institutions. Il a rappelé que «Internet continue, au demeurant, à fonctionner normalement» et que le gouvernement attache une importance au respect des libertés fondamentales, dont la liberté d’expression inscrite dans la Constitution. Les jeunes consomment principalement l’information via les réseaux sans vérification Instantanés de la rencontre. © GabonReview Lors du Conseil des ministres du 26 février 2026, a-t-il souligné, trois ordonnances ont été adoptées pour encadrer les réseaux sociaux, incluant des modifications au Code de la Communication et une ordonnance spécifique sur leur usage, avec un mécanisme de référé numérique pour une réponse rapide à la diffamation. Pour sa part, le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark Alexandre Doumba, a élargi le débat au contexte global, citant le rapport des risques globaux 2026 du Forum économique mondial où la désinformation figure en tête des menaces. «La désinformation a vocation à manipuler l’opinion publique», a-t-il expliqué, notant que dans les pays, au Sud du Sahara, les jeunes consomment principalement l’information via les réseaux sans vérification. Il a défendu les nouvelles règles, comme l’obligation de signaler les contenus générés par IA, inspirées de la loi européenne de 2024. Plaidoyer pour des mesures conformes à la liberté de communication et à la Convention de Vienne Participant aux échanges, la ministre de la Santé, le professeur Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou, a mis l’accent sur les impacts sanitaires chez les jeunes. Elle a évoqué une «addiction numérique» favorisant l’isolement social, les troubles du sommeil et des défis violents inspirés de buzz en ligne. A tous ces propos tendant à justifier la suspension de ces plateformes au Gabon, l’ambassadeur du Maroc, Abdellah Sbihi, vice-doyen du corps diplomatique, a salué l’initiative et exprimé leur disposition à accompagner le Gabon. «Le corps diplomatique est disposé à vous accompagner à travers nos échanges et nos contacts permanents», a-t-il dit. Il a réaffirmé l’attachement aux lois gabonaises tout en plaidant pour des mesures conformes à la liberté de communication et à la Convention de Vienne.

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