Gabon / La société civile hausse le ton : Tchissambou exige des actes, pas des promesses
2026-03-01 - 17:35
Alors que le Gabon post-ransition cherche encore ses marques entre promesses de rupture et impératifs de résultats, une voix de la société civile s’élève pour dire ce que beaucoup pensent tout bas. Cédric Tchissambou, acteur civique reconnu, a adressé au président Oligui Nguema une interpellation aussi respectueuse que ferme, appelant à des réformes accélérées, à une gouvernance plus lisible et à un dialogue renouvelé avec les citoyens. Non par esprit de fronde, mais par conviction que ce mandat porte en lui les germes d’un sursaut national... à condition que les engagements se muent, sans délai, en actes concrets. Acteur de la société civile dans l’Ogooué-Maritime, représentant provincial de la plateforme ‘La Majorité Bloquante’, Cédric Tchissambou interpelle le président Oligui. © D.R. C’est avec la gravité du moment et le sens aigu de ses responsabilités civiques que Cédric Tchissambou a choisi de prendre publiquement la parole. Dans une adresse solennelle adressée au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, cet acteur engagé de la société civile pose, sans détour, les termes d’un diagnostic que beaucoup murmurent sans oser formuler : la confiance entre les institutions et les citoyens reste à consolider. Pour Tchissambou, le mandat en cours constitue «un moment déterminant pour l’avenir du Gabon». Mais cette conviction ne saurait dispenser d’une lucidité sans complaisance. Il identifie plusieurs fractures persistantes dans le rapport entre l’État et la population : un déficit de lisibilité de l’action publique, une attente encore insatisfaite de résultats concrets dans les secteurs de l’emploi, du pouvoir d’achat, de l’énergie et de la gouvernance, ainsi qu’une exigence croissante de cohérence institutionnelle. Sa conclusion est limpide : la confiance ne se décrète pas, elle se construit, par des actes tangibles, mesurables, perceptibles dans le quotidien des Gabonais. Loin de se cantonner au constat, l’acteur civique dessine une feuille de route. Il appelle à l’accélération des réformes structurantes (modernisation de l’administration, réduction des lenteurs bureaucratiques, renforcement de la gouvernance) et plaide pour une communication institutionnelle plus pédagogique, capable de clarifier les objectifs, les avancées et les échéances des politiques publiques. À ses yeux, nombre d’incompréhensions naissent non d’un manque de volonté, mais d’un déficit d’explication. Il insiste également sur la nécessité d’une proximité renouvelée avec les populations, par le renforcement des mécanismes d’écoute, de consultation et de participation citoyenne, condition sine qua non d’un mandat véritablement inclusif. Plus qu’une mise en cause, cette interpellation se revendique comme une contribution. Cédric Tchissambou voit dans le mandat présidentiel une «opportunité historique» de refonder les bases de la gouvernance nationale, et rappelle que sa réussite dépendra de la capacité collective à transformer les engagements en réalisations concrètes. Un appel à l’action, formulé avec la rigueur de celui qui croit encore que les mots peuvent changer les choses.