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Gabon : la mise en solde de 148 enseignants reportée, le gouvernement invoque un «problème technique»

2026-02-24 - 13:54

Attendue dès le 25 février 2026 par près de 150 diplômés de l’Éducation nationale, leur mise en solde n’interviendra finalement pas. Le gouvernement reconnaît un retard et évoque des contraintes techniques, tout en assurant rester engagé dans le protocole de sortie de crise signé avec les partenaires sociaux. Un moment de la rencontre entre la ministre et les partenaires sociaux. © D.R. Alors qu’ils espéraient enfin percevoir leur premier salaire après plusieurs mois, voire plusieurs années d’attente, 148 sortants-école de l’Éducation nationale devront encore patienter. La mise en solde annoncée pour la fin du mois de février 2026 n’aura pas lieu. L’information a été confirmée lundi 23 février par la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong, à l’issue d’une rencontre avec des représentants du mouvement SOS Éducation. Selon la membre du gouvernement, ce report n’est pas lié à un changement de cap politique, mais à des difficultés administratives. «Dans le cadre du protocole de sortie de crise signé entre le gouvernement, la commission tripartite et les partenaires sociaux, il était question d’un cadrage de mise en solde et de régularisation des situations administratives chaque mois. Pour ce mois de février, 148 sortants-école devaient être mis en solde, et 20 au mois de mars, jusqu’en fin d’année. Nous avons eu des soucis techniques qui ont fait qu’on n’a pas pu le faire. On n’avait pas le temps matériel, et avec les soucis techniques, on n’a pas pu traiter les dossiers de mise en solde prévus en février», a-t-elle déclaré, indiquant que l’option choisie est d’«inverser» le traitement des dossiers. 20 passeront en solde dès ce mois de février et les 148 initialement prévus attendront mars prochain. Un calendrier désormais fragilisé L’annonce intervient dans un contexte encore marqué par les tensions récentes au sein du secteur éducatif. Une grève et plusieurs mouvements de blocage avaient paralysé l’enseignement pendant près d’un mois, poussant les autorités à ouvrir des négociations avec les partenaires sociaux. Au cœur des revendications figurait notamment la régularisation administrative des enseignants formés, mais non intégrés dans la fonction publique. L’accord signé prévoyait une mise en solde progressive : 148 enseignants en février, puis 20 supplémentaires en mars, et un traitement mensuel des dossiers jusqu’à la fin de l’année. Le retard annoncé fragilise donc la crédibilité du calendrier initial et ravive l’inquiétude chez les diplômés concernés, dont beaucoup exercent déjà dans les établissements sans rémunération effective. Le gouvernement plaide la bonne foi Face aux interrogations, l’exécutif rejette toute accusation de reniement des engagements pris lors des négociations. À la Fonction publique, on insiste sur la volonté de respecter l’accord, tout en reconnaissant les lenteurs administratives. Du côté de SOS Éducation, les échanges avec la ministre semblent avoir permis d’apaiser partiellement les tensions. L’organisation ne remet pas ouvertement en cause la parole gouvernementale et paraît accorder du crédit aux explications avancées. En attendant la régularisation annoncée, la majorité des enseignants diplômés ces dernières années devra donc prolonger l’attente. Une situation qui, si elle venait à se prolonger, pourrait rouvrir un nouveau front social dans un secteur déjà fragilisé.

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