Gabon: 600 milliards FCFA engagés par la BAD en dix ans, un portefeuille multiplié par 50
2026-03-26 - 14:42
Entre 2015 et 2025, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a mobilisé 914,99 millions d’euros, soit environ 600 milliards de francs CFA pour le Gabon, faisant bondir son portefeuille de 11,64 millions (environ 7,6 milliards FCFA) à 557,37 millions d’euros (près de 365,7 milliards FCFA). En mission à Libreville récemment, l’institution a salué ce renforcement de la coopération tout en pointant des retards préoccupants sur certains projets d’infrastructures. Le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, encadré par Léandre Bassolé, directeur général du Groupe de la BAD pour l’Afrique centrale (à sa droite) et Nouridine Kane Dia, responsable pays du Groupe de la Banque au Gabon, le 12 mars 2026, à Libreville. © BAD Le partenariat entre le Gabon et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a connu une croissance significative au cours de la dernière décennie, avec un portefeuille multiplié de manière exponentielle. Selon un compte rendu publié sur le site de l’institution ce jeudi 26 mars 2026, les engagements financiers sont passés de 11,64 millions d’euros en 2015 (environ 7,6 milliards FCFA) à 557,37 millions d’euros au 28 février 2026 (365,7 milliards FCFA). Entre 2015 et 2025, la BAD a approuvé vingt opérations en faveur du Gabon, pour un montant total de 914,99 millions d’euros, soit environ 600 milliards FCFA. Cette progression illustre un renforcement structurant de la coopération, axée sur le développement des infrastructures, la diversification économique et l’investissement dans le capital humain. En mission à Libreville du 8 au 15 mars 2026, une délégation conduite par Léandre Bassolé a multiplié les échanges avec les autorités gabonaises, dont le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, le vice-président du gouvernement Hermann Immongault et la ministre de la Planification Louise Pierrette Mvono. Les discussions ont porté principalement sur la mise en œuvre de projets d’infrastructures structurants et le développement du secteur minier, considéré comme un levier clé de diversification économique. «Le Gabon et le Groupe de la Banque africaine de développement partagent une vision commune», a souligné Hermann Immongault, insistant sur la volonté d’accélérer la transformation économique du pays. Des avancées, mais des inquiétudes sur certains projets Malgré ces avancées, la mission a mis en lumière des difficultés opérationnelles. La visite du chantier de la route Ndendé-Doussala, longue de 46 km, a révélé un taux d’exécution de seulement 27 % début mars 2026, alors que 62 % du délai contractuel est déjà consommé. Face à ce décalage, la BAD et le ministère des Travaux publics ont exprimé de vives inquiétudes quant à la capacité de l’entreprise en charge à respecter les échéances. Une réorganisation immédiate du chantier a été exigée. «La qualité de l’exécution est pour nous aussi importante que l’ambition des investissements», a rappelé Léandre Bassolé, évoquant un «risque élevé de non-achèvement» d’ici fin 2026. Ce projet s’inscrit dans le Programme d’appui au secteur des infrastructures au Gabon (PASIG 1), financé notamment par un prêt de 92,78 millions d’euros (environ 60,9 milliards FCFA) de la BAD et un cofinancement de 44,83 millions d’euros (environ 29,4 milliards FCFA) de l’Africa Growing Together Fund. Une coopération appelée à se poursuivre Au-delà des difficultés ponctuelles, la mission a permis de consolider le dialogue entre les deux parties et de réaffirmer leur engagement commun à accélérer la mise en œuvre des projets structurants.