Filière avicole : le Gabon lance la sélection de 150 fermes locales pour renforcer la production nationale
2026-03-17 - 15:52
Dans le cadre de la mise en œuvre de son Plan Opérationnel d’Urgence pour la Filière Avicole (POUFA), le Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement Rural a lancé un Appel à Manifestation d’Intérêt visant à sélectionner 150 fermes avicoles déjà opérationnelles sur le territoire national. L’objectif affiché : soutenir la production locale et préparer l’interdiction des importations de poulets de chair prévue en janvier 2027. Ce programme gouvernemental s’inscrit dans la volonté du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, de transformer la filière avicole nationale. Les fermes retenues bénéficieront d’un accompagnement structurant de l’État comprenant la construction ou l’extension de bâtiments modernes, la fourniture de poussins d’un jour adaptés à la capacité de production, l’apport d’aliments couvrant six cycles de production, ainsi qu’un kit vétérinaire complet pour assurer le suivi sanitaire des élevages. Les exploitations les plus performantes pourront bénéficier d’un appui renforcé afin de faire émerger des « champions nationaux » de la filière. Pour participer, les exploitants doivent être âgés de 21 à 65 ans, justifier d’au moins trois années d’expérience dans la production avicole, disposer d’un cheptel minimal de 1 000 volailles et de bâtiments fonctionnels, ainsi que d’un titre foncier ou d’un document en cours de régularisation. Les dossiers peuvent être déposés physiquement à Libreville ou dans les Directions Provinciales de l’Agriculture, mais également par voie électronique à l’adresse 150fermesgabon@gmail.com. La date limite est fixée au 1er avril 2026, et le démarrage de la production est programmé pour le 1er septembre 2026. La filière avicole gabonaise connaît depuis plusieurs années un déficit de production face à une demande croissante, obligeant le pays à importer massivement des poulets de chair. Selon les statistiques officielles, la production locale couvre actuellement moins de 40 % des besoins nationaux. Avec cette initiative, le gouvernement espère non seulement réduire la dépendance aux importations, mais aussi renforcer la sécurité alimentaire et créer des emplois dans le secteur agricole. L’opération s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté alimentaire, déjà matérialisée par plusieurs programmes de soutien aux productions locales, allant de la volaille aux légumes et tubercules. Nkili Akieme