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FEGAFOOT : LA COALITION DÉNONCE UN « DÉTOURNEMENT INSTITUTIONNEL » VIA LA SOUVERAINETÉ DU CONGRÈS

2026-03-19 - 12:02

À moins d’un mois du scrutin fédéral prévu le 18 avril 2026, la Coalition pour une élection transparente et digne des statuts de la FEGAFOOT est montée au créneau ce mercredi. Lors d’une conférence de presse, son porte-parole, Sylvestre Engohang Obiang, a fustigé l’usage abusif de l’argument de la « souveraineté du Congrès » pour valider des organes électoraux jugés illégitimes. Réunie autour d’un collectif de candidats et de groupements sportifs, la Coalition dénonce une stratégie de passage en force orchestrée par l’actuel bureau fédéral. Au cœur de la contestation : la constitution de la Commission électorale et la modification récente des textes fondamentaux. Pour la Coalition, si le Congrès demeure l’organe suprême de la Fédération gabonaise de Football (FEGAFOOT), sa souveraineté ne saurait être absolue ni discrétionnaire. « Un Congrès qui déciderait de s’asseoir sur ses propres statuts ne serait pas souverain : il serait illégal. La souveraineté sans la légalité, c’est l’arbitraire », a martelé Sylvestre Engohang Obiang. L’organisation souligne que toute modification ou décision doit impérativement suivre les procédures de révision prévues par les statuts, lesquels font office de « Constitution » pour l’institution. Invoquer la volonté du congrès pour couvrir des irrégularités administratives constituerait, selon les plaignants, une grave dérive de gouvernance. Le cas de la commission électorale actuelle est présenté comme le symptôme majeur de ce dysfonctionnement. La Coalition soutient que : Les conditions de nomination des membres ne respecteraient pas les prescriptions statutaires adoptées par le congrès lui-même il ya donc illégitimité constitutive. Aussi, des textes auraient été modifiés en pleine année électorale (juin 2025), une pratique proscrite par les standards de la FIFA et de la CAF, qui préconisent une stabilité des textes au moins deux ans avant un scrutin pour la coalition, il y aurait un vice de procédure Arnaud Essia Ndong, candidat déclaré, a rappelé que 19 fédérations, dont la FEGAFOOT, ont été récemment pointées du doigt par le ministère de tutelle pour défaut de conformité à la loi n°33/20 du 22 mars 2021. « Pourquoi se précipiter vers une élection alors que la mise en conformité n’est pas actée ? », s’est-il interrogé. La situation actuelle n’est pas sans rappeler la crise de 2013. Aurélien Bertrand Lekogho, ancien international, a évoqué cette jurisprudence où des manipulations statutaires similaires avaient conduit à la mise en place d’un comité de normalisation par les instances internationales. Face à ce qu’elle qualifie de « verrouillage total » incluant l’opacité sur la liste des délégués et l’imposition de parrainages la Coalition formule quatre exigences majeures : Le respect strict des statuts comme loi suprême non négociable. La dissolution immédiate de la Commission Électorale jugée illégitime. Le départ du Bureau Fédéral au terme de son mandat légal, sans prolongation de fait. La saisine des instances internationales (CAF et FIFA) en vue d’une normalisation si les corrections ne sont pas apportées. « Ce scrutin n’aura pas lieu dans ces conditions », a prévenu le porte-parole de la coalition. Un recours a été déposé le 16 mars auprès du Comité exécutif. En l’absence de réponse satisfaisante sous 48 heures, les contestataires prévoient d’intensifier leurs actions auprès de la tutelle nationale et des instances internationales. Pour les acteurs de la coalition, l’enjeu dépasse le simple cadre électoral : il s’agit de restaurer la confiance dans les institutions du football gabonais. Betines Makosso

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