Endométriose : Pr Ayo Nkana-Bivigou appelle à «un changement de regard» sur la maladie
2026-03-28 - 08:02
À l’occasion de la Journée internationale de l’endométriose, célébrée ce 28 mars 2026, la ministre de la Santé, Pr Elsa Joséphine Ayo Nkana-Bivigou, a lancé un appel fort à une prise de conscience collective face à cette maladie encore trop méconnue, plaidant pour une meilleure reconnaissance des douleurs des femmes et des réponses concrètes du système de santé. La ministre de la Santé, Pr Elsa Joséphine Ayo Nkana-Bivigou. © D.R. À l’occasion de la Journée internationale de l’endométriose célébrée ce samedi 28 mars 2026, la ministre de la Santé, Pr Elsa Joséphine Ayo Nkana-Bivigou, a exhorté à «un changement de regard» collectif sur cette maladie chronique qui touche des millions de femmes dans le monde, dont une proportion non négligeable au Gabon. Dans un discours marqué par un ton engagé, la ministre a insisté sur la nécessité de ne plus banaliser les souffrances liées à l’endométriose. «Ne plus minimiser la douleur. Ne plus laisser le silence s’installer», a-t-elle martelé, appelant à rompre avec l’indifférence qui entoure encore cette pathologie. Selon les données présentées, 7,2 % des 6 666 femmes dépistées au Gabon au cours des trente dernières années ont été diagnostiquées avec cette maladie, caractérisée par la présence de tissus semblables à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus, provoquant douleurs intenses et parfois infertilité. À l’échelle mondiale, une femme sur dix serait concernée. Au-delà des chiffres, la ministre a mis en lumière l’impact humain et social de l’endométriose, évoquant «des vies bouleversées, des projets suspendus, des rêves retardés». Elle a salué l’engagement des associations et des professionnels de santé qui contribuent à faire sortir cette maladie de l’ombre. Face aux attentes exprimées par les patientes, le gouvernement entend renforcer son action autour de plusieurs axes : amélioration de l’information dès le plus jeune âge, facilitation de l’accès au diagnostic, prise en charge médicale multidisciplinaire, accompagnement psychologique et social, ainsi que le soutien à la procréation médicalement assistée et à la recherche. «Ces attentes sont légitimes et appellent des réponses concrètes», a assuré la ministre, réaffirmant la volonté des autorités de bâtir un système de santé «inclusif, attentif et solidaire». La membre du gouvernement a enfin lancé un appel à la mobilisation générale, impliquant pouvoirs publics, professionnels de santé, familles et société civile. «Agir contre l’endométriose, c’est agir pour la dignité, pour l’égalité et pour la justice», a-t-elle conclu, invitant chacun à contribuer à briser les tabous et à mieux accompagner les femmes concernées.