Eddy Minang sous pression : attaque pour “parodie de justice” et bataille pour son titre de docteur
2026-02-23 - 16:55
Un magistrat gabonais, un doctorat français, des accusations de torture et un procès qualifié de «parodie». Le 23 février 2026, les avocats de Sylvia et Noureddin Bongo ont saisi les autorités académiques françaises pour dénoncer ce qu’ils estiment être une trahison des principes attachés au titre de docteur en droit. Au-delà du contentieux politique, c’est désormais la légitimité universitaire d’un Procureur général qui se retrouve au cœur d’une confrontation internationale où réputation, morale et justice s’entrechoquent. Quand la justice est contestée, accusée de se travestir en théâtre, le nom d’Eddy Minang et son doctorat se retrouvent au centre du débat. © GabonReview /Shutterstock (IA) Le 23 février 2026, un courrier au ton incendiaire a quitté Paris à destination du ministre français de l’Enseignement supérieur, de responsables académiques et de l’Office français de l’intégrité scientifique. Objet : «Signalement / Eddy Narcisse Minang». Derrière cette formule administrative, une charge d’une rare violence symbolique. Les signataires ne sont pas des inconnus : il s’agit des avocats d’Ali Bongo Ondimba, de Sylvia Valentin Bongo Ondimba et de Noureddin Bongo Ondimba. Leur lettre ne vise pas un débat doctrinal, ni une querelle académique. Elle cible un magistrat en exercice, Procureur général près la Cour d’Appel judiciaire de Libreville, en l’attaquant sur un terrain inattendu : celui de son doctorat en droit obtenu à l’Université Panthéon-Assas. Le courrier replonge d’abord dans le contexte postérieur au 30 août 2023. Les auteurs écrivent que «Tous les membres de la famille Bongo ont alors été immédiatement et arbitrairement privés de liberté. Noureddin Bongo a été torturé, sous les yeux de sa mère avec qui il partageait une cellule insalubre.» Ils évoquent des «séances de torture, largement documentées» et dénoncent un procès tenu en novembre 2025, «digne des pires caricatures pouvant déshonorer la Justice». Précaution oratoire, ils affirment ne «nullement» vouloir «porter une appréciation politique sur ce changement de régime», mais «prendre le seul parti de la dignité et du droit». La formule se veut neutre ; la suite est implacable. Eddy Narcisse Minang est présenté comme «l’ordonnateur de cette cruelle parodie de Justice», mais aussi comme «le metteur en scène» d’une procédure «irrégulière de A à Z». Le diplôme au cœur de l’offensive La singularité du signalement réside là. Les avocats rappellent que le magistrat «se prévalait d’un doctorat en droit effectivement obtenu à l’Université Panthéon-Assas» et convoquent le serment imposant aux docteurs de «maintenir une conduite intègre». La conclusion frappe : «le présent signalement concerne un docteur en droit qui a déshonoré son grade universitaire». La lettre se referme sur une injonction solennelle : «Garants de la valeur et du sens du titre de Docteur en droit, il vous appartient de donner à cette situation les suites que sa gravité appelle.» Le texte ne se contente pas d’accuser. Il déplace le centre de gravité du conflit. Il ne s’adresse plus seulement aux juridictions, mais aux gardiens du savoir. Il transforme un contentieux politique et judiciaire en affaire d’éthique académique. Dans cette stratégie, le doctorat cesse d’être un titre honorifique : il devient l’arène d’une confrontation internationale où réputation et légitimité sont désormais en jeu.