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Eaux et Forêts : vers la régularisation des auditeurs et l’intégration des écogardes

2026-03-11 - 15:06

Invité de l’émission «Le Gouvernement s’exprime» sur Gabon 24, le mardi 10 mars 2026, le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, chargé du conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, a dressé un point d’étape sur plusieurs chantiers structurants de son département. Régularisation des auditeurs libres formés à l’École nationale des Eaux et Forêts, intégration des écogardes dans la fonction publique, recrutement ciblé dans les aires protégées et encadrement de la chasse villageoise : autant de mesures présentées comme les jalons d’une réforme destinée à renforcer la gouvernance du secteur. Le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, chargé du conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, lors de l’émission. © Capture d’écran/ Gabon 24 Le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, Maurice Ntossui Allogo, a annoncé plusieurs chantiers visant à régulariser la situation des nombreux jeunes gabonais formés à l’École nationale des Eaux et Forêts (ENEF). Pour rappel, entre 2018 et 2024, l’ENEF a recruté et formé plus de 900 auditeurs libres sur étude de dossier. Longtemps en attente d’une reconnaissance administrative, ces profils constituent aujourd’hui le cœur d’un vaste processus de régularisation que le ministre a détaillé avec méthode. L’objectif affiché est de mettre fin à une situation de précarité institutionnelle tout en renforçant les effectifs d’un secteur stratégique pour la gestion durable des ressources naturelles. Dans cette dynamique, selon Maurice Ntossui Allogo, l’opération se déroule en deux phases distinctes. La première concerne environ 350 candidats et se trouve désormais à son stade final. «Nous sommes à l’étape finale du processus. D’ici la fin de ce mois ou au début du mois prochain, ces personnels seront présentés au drapeau et prêteront serment», a-t-il indiqué. La seconde vague est déjà en préparation. Les candidats concernés ont franchi les enquêtes de moralité et les examens médicaux. Leur formation devrait débuter avant la fin des 100 jours du gouvernement, a assuré le ministre, signe d’une volonté d’accélérer la mise en œuvre des engagements pris. Les écogardes bientôt intégrés à la fonction publique Parmi les annonces majeures figure également l’intégration d’environ 200 écogardes dans la fonction publique. Déjà mobilisés sur le terrain, ces agents bénéficieront désormais d’un statut paramilitaire. Une évolution significative pour ces acteurs de première ligne dans la protection des parcs nationaux et la lutte contre le braconnage. En outre, ce nouveau cadre juridique devrait leur offrir une stabilité professionnelle accrue ainsi que des garanties statutaires jusque-là inexistantes. Au-delà de la régularisation des effectifs existants, le ministère prévoit également d’organiser un recrutement national ciblé pour les aires protégées. Celui-ci sera conduit de manière progressive, province par province et parc national par parc national. Les profils recherchés seront définis en fonction des besoins spécifiques de chaque aire protégée, dans une logique d’adaptation aux réalités écologiques et opérationnelles du terrain. Une approche que le ministre présente comme plus pragmatique et plus efficace pour renforcer la gestion des écosystèmes. La chasse villageoise appelée à entrer dans la légalité Les écogardes et les chasseurs, dans le viseur des réformes du gouvernement. © GabonReview/Brent Stirton Autre dossier sensible abordé lors de l’émission : l’encadrement de la chasse en milieu rural. Le gouvernement entend désormais structurer cette activité à travers un dispositif réglementaire plus strict. De ce fait, les détenteurs d’armes devront se soumettre à une procédure de régularisation et obtenir à la fois un permis de port d’armes et un permis de chasse. À terme, seuls les chasseurs officiellement agréés seront autorisés à exercer. Pour l’exécutif, il s’agit de trouver un équilibre entre la préservation de la faune et la reconnaissance de pratiques traditionnelles profondément ancrées dans certaines communautés rurales. À travers ces différentes annonces, le ministère des Eaux et Forêts esquisse les contours d’une réorganisation progressive du secteur. Régularisation des ressources humaines, sécurisation du statut des écogardes, renforcement des effectifs dans les parcs nationaux et encadrement des activités de chasse : autant de mesures qui visent à consolider l’architecture institutionnelle de la politique environnementale du Gabon. Si leur mise en œuvre effective sera déterminante, ces décisions marquent néanmoins une étape importante dans la structuration d’un secteur stratégique pour la protection de la biodiversité et la gestion du patrimoine forestier national. Une dynamique qui, si elle se confirme, pourrait contribuer à renforcer l’efficacité de l’action publique face aux défis environnementaux et aux tensions croissantes entre l’homme et la faune. Thécia Nyomba

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