Éducation nationale : deuxième phase de mise en solde pour la régularisation des enseignants
2026-03-26 - 15:02
La deuxième phase de la mise en solde des enseignants, est intervenue, le 25 mars, au ministère de l’Éducation nationale, par la remise officielle des bons de caisse aux bénéficiaires. Une nouvelle étape dans la mise en œuvre des décisions de la Commission tripartite Éducation–Budget–Fonction publique visant à régulariser les situations des enseignants, notamment après la crise dans le secteur éducatif. Des agents de la fonction publique redistribuant les bons de caisse. © L’Union/Sonapresse En procédant, le 25 février, à la mise en solde des enseignants, par la remise officielle des bons de caisse aux bénéficiaires, le ministère de l’Éducation nationale inscrit cette phase dans le prolongement du dispositif arrêté en janvier, qui prévoit la mise en solde ou en présalaire d’environ 3 000 enseignants et la régularisation de 4 000 situations administratives, selon un chronogramme «bien défini» suivi par la Commission tripartite. Un changement de statut Concrètement, la journée du 25 mars a vu défiler au ministère de jeunes fonctionnaires venus récupérer leur tout premier bon de caisse des mains des techniciens de la Direction des ressources humaines (DCRH). Une concrétisation, pour eux, des années d’attente et d’incertitudes professionnelles. Et l’opération s’inscrit aussi dans la continuité des engagements déjà matérialisés, fin-février, lorsque 148 sortants-écoles de l’Éducation nationale avaient été exceptionnellement payés sur bons de caisse, en attendant leur bascule complète sur la solde normale, dès ce mois de mars. Pour de nombreux bénéficiaires présents, l’instant avait la saveur d’une réparation longtemps espérée, tant sur le plan financier que symbolique. «Ça a été une joie, une grâce tout simplement parce que nous avons attendu cela depuis fort longtemps. Ça me fait 11 ans de cela», a témoigné une enseignante, dans le journal télévisé de Gabon Télévision, notant l’ampleur des sacrifices consentis avant cette reconnaissance officielle. Longtemps maintenus dans une forme de précarité administrative La mise en solde marque en effet un changement de statut décisif pour ces compatriotes, qu’ils soient sortis des ENI (École normale des instituteurs), de l’ENS (École normale supérieure), de l’ENSET (École normale supérieure de l’enseignement technique) ou anciens bénévoles, longtemps maintenus dans une forme de précarité administrative. Une autre bénéficiaire souligne néanmoins les aléas de la procédure : «Je suis enseignante bénévole à Gamba. J’enseigne à l’école Plaine 5. Sauf que j’ai eu un inconvénient. Mon nom est sorti à Libreville». Une illustration des difficultés logistiques que le dispositif cherche progressivement à corriger. Sur le plan chiffré, cette deuxième phase consolide les résultats déjà obtenus par la Commission tripartite, tout en confirmant la montée en puissance du dispositif arrêté pour l’année 2026. «Nous avons vu 442 mises en solde pour les bénévoles et les ENI. Et les 148 ENS, ENSET sont passés en solde. Nous avons eu 352 situations administratives confondues : reclassement, avancement, titularisation», a précisé madame Bivigou de la Commission tripartite. Ces chiffres s’inscrivent dans la trajectoire globale annoncée en janvier afin d’apaiser durablement la crise dans le secteur éducatif. Ajuster en permanence la cadence pour tenir les engagements pris envers l’ensemble du corps enseignant Cette deuxième phase répond enfin à un impératif d’équité territoriale et d’organisation pratique, dans un contexte où de nombreux enseignants concernés exercent à l’intérieur du pays. Pour les agents éligibles ne résidant pas à Libreville, il a été prévu que les bons de caisse soient acheminés par correspondances, afin d’éviter des déplacements coûteux et les attroupements dans la capitale. Sur le terrain, les établissements bancaires ont été mobilisés pour procéder aux enrôlements directement sur les lieux. Ce qui permet de fluidifier la mise en paiement tout en respectant le chronogramme fixé. «Nous avons fait une programmation et nous essayons toujours de réajuster. Donc, ce mois-ci, le mois de février, nous avons au moins 79. Ce qui prouve qu’on fait toujours des réajustements afin de satisfaire tous les enseignants et de pouvoir finir avant la date prévue», a encore expliqué madame Bivigou, rappelant que la Commission, pilotée par le vice-président du gouvernement, ajuste en permanence la cadence pour tenir les engagements pris envers l’ensemble du corps enseignant.