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Du gaz à l’export : la toile de Perenco pour devenir le hub énergétique du Gabon

2026-03-18 - 16:33

Derrière le silence d’un producteur indépendant que personne n’entend jamais, se dessine en réalité l’une des ambitions industrielles les plus audacieuses du Gabon contemporain : faire de Perenco Oil & Gas Gabon le hub de toutes les énergies du pays : pétrolière, gazière, humaine, environnementale, culturelle. Presqu’un projet de civilisation, signé d’un opérateur pétrolier. Vertigineux. Le site de Batanga, microcosme du hub. Le gaz y est capté, liquéfié, rendu utile. Le sol y est soigné, dépollué, rendu à la vie. C’est peut-être ici, plus qu’ailleurs, que l’ambition de Perenco prend son sens le plus concret. © POGG Le mot est lâché, assumé, revendiqué. Dans ses documents institutionnels les plus récents, Perenco Oil & Gas Gabon (POGG) formule cette ambition avec une clarté inhabituellement directe pour une entreprise de sa discrétion légendaire : «passer d’acteur majeur énergétique à «Hub des énergies» pour le Gabon». L’aveu est précieux, et rare. Il signifie que le groupe sait pertinemment qu’il n’y est pas encore tout à fait, mais qu’il s’y emploie avec méthode, infrastructure après infrastructure, projet après projet, dans le silence industrieux qui est sa marque de fabrique. Un hub, mais de quelle énergie ? Dans son acception industrielle classique, un hub énergétique désigne un point de convergence où des ressources sont collectées, transformées, valorisées puis redistribuées vers leurs destinations finales. À ce titre, POGG occupe déjà une position stratégique incontestable. L’entreprise produit et valorise les ressources pétrolières et gazières du pays, développe des champs gaziers (Igongo, Ozangué et d’autres), achemine le gaz via un gazoduc de 450 kilomètres, le traite, le stocke et le distribue aux centrales thermiques de la SEEG à Libreville, Port-Gentil et Mayumba, ainsi qu’à plusieurs industriels implantés au Gabon. Elle est, à ce stade, la colonne vertébrale invisible de l’approvisionnement énergétique national, omniprésente, silencieuse, irremplaçable. Mais le concept de hub que POGG se fixe comme horizon dépasse largement cette seule dimension technique. Il s’étend, selon la propre terminologie du groupe, à six formes d’énergie distinctes que l’entreprise entend mobiliser simultanément au service du Gabon. Six énergies pour un seul hub La première est naturellement l’énergie industrielle : production pétrolière, développement gazier, projets GPL, terminal GNL en construction au Cap Lopez pour une mise en service en 2028, centrale électrique de Mayumba livrée à l’État en janvier 2026. Le socle opérationnel est solide, les chiffres massifs. La deuxième est l’énergie humaine. POGG forme, transmet, élève. Sa barge-école itinérante, le Centre Jean-Robert Ippet-Letembet – Barge Training Center, sillonne l’Afrique centrale pour dispenser des formations directement à la périphérie des sites d’opération, là où travaillent les hommes, sans les contraindre à vraiment s’en éloigner. Le programme ‘’Cadets Maintenance’’ destiné à des jeunes techniciens proposés par le département Maintenance ; des partenariats avec des établissements d’enseignement supérieur ; des cursus spécialisés dans les métiers du GNL : le groupe investit dans le capital humain gabonais avec la même rigueur méthodique qu’il consacre à ses infrastructures d’acier et de béton. La troisième est l’énergie entrepreneuriale. À travers des projets innovants calibrés sur des besoins nationaux précisément identifiés (Gas-to-Power, Gas-to-Industry, GPL, IPP Mayumba, FLNG), Perenco Oil & Gas Gabon ne se contente pas de produire : il crée des filières entières, stimule des écosystèmes économiques et ouvre des débouchés là où n’en existait aucun. La quatrième est l’énergie environnementale. Le groupe réhabilite des terres polluées héritées de décennies d’exploitation, développe la première ferme piscicole en lagune du Gabon sur le Fernan Vaz, réduit progressivement le torchage du gaz et déploie des certifications environnementales exigeantes sur l’ensemble de ses sites. La réparation fait partie du projet. Sans doute la plus inattendue sous la plume d’un opérateur pétrolier, la cinquième est l’énergie culturelle. Via la Fondation Liambissi, POGG finance des expéditions scientifiques pluridisciplinaires dans les grottes du département d’Etimboué, contribuant à la protection des rarissimes crocodiles orangés, des orchidées naturelles et à la mise en lumière d’un patrimoine archéologique et préhistorique gabonais encore largement méconnu. La sixième, enfin, est l’énergie nationale au sens le plus englobant du terme : une contribution délibérée et structurée à la stratégie énergétique du pays, à son indépendance, à son rayonnement et à son intégration croissante dans les marchés régionaux et internationaux. Un catalyseur, pas seulement un producteur Ce que POGG décrit ainsi, c’est en réalité un changement de paradigme identitaire profond. Ne plus se définir comme un simple extracteur d’hydrocarbures, fût-il le premier du pays, mais comme un catalyseur d’énergies au sens large : coordinateur d’une chaîne de valeur qui court du sous-sol marin jusqu’aux communautés villageoises, des marchés gaziers mondiaux jusqu’aux grottes préhistoriques de l’Ogooué-Maritime. L’ambition est considérable. Elle exige une cohérence d’ensemble que peu d’entreprises, même parmi les majors, parviennent à incarner durablement. Mais au regard des investissements engagés, des chantiers en cours et de la profondeur d’un ancrage gabonais qui remonte à 1992, Perenco Oil & Gas Gabon dispose d’au moins un atout décisif pour y parvenir : le temps long. Et dans l’industrie pétrolière comme en toute chose, c’est généralement lui qui a le dernier mot.

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