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Droits des femmes : les parlementaires gabonaises en conclave pour légiférer autrement

2026-03-15 - 18:45

Députées, sénatrices, experts juridiques et spécialistes du genre réunis sous un même toit : le 14 mars, l’Assemblée nationale gabonaise s’est transformée en espace de reconquête. Portées par le thème «Droit, Justice et Action», les femmes parlementaires ont choisi de célébrer leurs droits non pas dans la fête, mais dans le travail. Elles étaient armées de chiffres qui accablent, de témoignages qui interpellent, et d’une ambition commune : faire de la Ve République un chantier législatif enfin sensible au genre. La Présidente du Sénat, Hugette Yvonne Nyana-Ekoume (devant les micros) ouvrant les travaux. © GabonReview C’est avec quelques jours de décalage, mais une intensité intacte, que le Parlement gabonais a célébré la Journée internationale des droits des femmes. Le 14 mars, l’Assemblée nationale abritait un Dialogue des femmes parlementaires, organisé sous le thème «Droit, Justice et Action», avec l’appui technique d’IDEA International et le soutien financier de l’Union européenne. Quelque quatre-vingts participants (députées, sénatrices, experts juridiques et spécialistes du genre) ont investi l’hémicycle pour un séminaire alliant réflexion stratégique et ambition réformatrice. Renforcer les capacités des femmes parlementaires pour des actions législatives à forts impacts Quelques clichés du séminaire. © GabonReview La présidente du Sénat, Hugette Yvonne Nyana-Ekoume, a ouvert les travaux en appelant à distinguer lucidement les avancées et les insuffisances du cadre juridique gabonais en matière de droits des femmes, saluant au passage la synergie entre les deux Chambres et l’engagement de leurs partenaires internationaux. Les panels thématiques ont, quant à eux, balayé un spectre large : évolution des droits des femmes, leadership féminin, outils de bonne gouvernance, lutte contre les violences basées sur le genre, le tout nourri de travaux de groupe et d’échanges d’expériences. La troisième vice-présidente de l’Assemblée nationale, Marie Paulette Parfaite Amouyemme Ollame-Divassa, a planté le cadre avec justesse : «La Journée internationale des droits des femmes n’est pas seulement un moment de célébration, elle constitue également un temps de réflexion, de bilan et de projection sur les avancées réalisées, mais aussi sur les défis qui restent à relever en matière de promotion des droits des femmes et d’égalité des chances.» Rendant hommage à la pionnière Honorine Nzet Biteghe, elle a rappelé sa formule fondatrice : «La femme doit savoir qu’elle n’est pas un martyr dans le foyer ou dans la nation, c’est une citoyenne à part entière.» Urgence d’actions concrètes face aux violences amplifiées par les technologies Le chargé d’affaires de la délégation de l’Union européenne, Nicolas Kaspryk, a salué la progression de la représentation féminine au Parlement (28 députées et 18 sénatrices, soit respectivement près de 20 % et plus de 25 % des sièges) avant d’asséner des chiffres qui donnent le vertige : plus de 675 millions de femmes et filles vivent en contexte de conflit, près de 98 % des deepfakes dégradants ciblent des femmes, et 2 milliards de femmes demeurent sans protection juridique contre les violences de genre. L’UE, a-t-il précisé, a mobilisé 2,5 millions d’euros, complétés par la France et les Pays-Bas, pour accompagner la transition post-30 août 2023. Dans la Ve République en construction, ces échanges sonnent comme une injonction : le leadership féminin n’est plus une option, c’est une exigence de gouvernance.

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