Dérives autoritaires au Gabon : l’incarcération de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo embrase le front social
2026-01-25 - 21:07
Alors que le Gabon post-30 août 2023 se rêvait en terre de libertés retrouvées, l’incarcération de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo à la prison centrale de Libreville sonne comme une brutale désillusion. Entre accusations de trouble à l’ordre public et dénonciation d’un système devenu « plus féroce » que le précédent, le ton monte contre une nouvelle République accusée de vouloir briser la contestation sociale. «L’objectif de cette dictature qui s’installe petit à petit, plus féroce que celle d’Ali Bongo, est de briser les consciences », lâche Jean Remy Yama. © D.R. Le pays traverse une zone de fortes turbulences. Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, figures de proue de la lutte syndicale, ont été déférés pour « trouble à l’ordre public » et « incitation à la grève ». Pour Jean Rémy Yama, leader syndical emblématique et président du Parti national pour le travail et le progrès (PNTP), ces motifs ne sont que des « artifices fallacieux » destinés à faire taire toute dissonance. L’enjeu dépasse la simple revendication salariale : il touche au cœur même de la démocratie gabonaise. Selon Yama, nous basculons dans une «République de l’obéissance» où le droit de grève, pourtant constitutionnel, est criminalisé. «Inciter à faire quelque chose de légal n’est pas une infraction. Au contraire, c’est un acte citoyen», martèle-t-il, dénonçant une volonté délibérée du pouvoir de maintenir les agents publics dans une forme de précarité organisée. Une gestion budgétaire sous le feu des critiques Au-delà de l’indignation judiciaire, l’argumentaire se déplace sur le terrain économique. Le mouvement de grève actuel ne porte pas sur des augmentations de salaires, mais sur le respect de la loi et le paiement des arriérés (vacations, rappels, régularisations). Jean Rémy Yama pointe du doigt les arbitrages budgétaires du gouvernement. «Le renoncement de la moitié des fonds de souveraineté du président de la République, des ministres et des institutionnels, pour une année seulement, permettrait de régulariser toutes les situations administratives des agents publics», affirme-t-il avec force. Pour le président du PNTP, le refus d’appliquer